ET PARLEMENTAIRE
déjà commoncent leurs ravages. » Les Polonais, ou Polaques, dit la Harangue à la reine par MM. les curés^ se signalent surtout par leurs cruautés dans les villages de Meudon, de Sèvres, etc., « pillant les églises, violant des filles de neuf et dix ans, brûlant, abattant les maisons, tuant, blessant bommes et femmes, volant, emportant ce qui leur semblait bon, et gâtant ce qu'ils ne pouvaient emporter. »
Plus la lutte s'engageait, plus les scrupules du vieux royalisme parlementaire se réveillaient; le Parlement commençait à s'elïrayer de son audace : « Il doit, disait le président de Mesmes, donner des ordres généraux,
mais ne rien faire qui ressemble au conseil des Seize
Puisque nous ordonnons une levée de troupes, il faut, par les remontrances, dire que c'est contre le ministre et non contre le roi, car il ne faut pas tomber dans la rébellion. « Et le premier président de faire voter aussitôt celte conclusion.
L'bôtel de ville n'était pas moins hésitant : il envoya aussi à la cour une députation dont les instances furent si touchantes qu'elle fit pleurer tout le monde, môme le jeune roi. M. le prince de Gondé et la reine seuls restèrenls implacables : « Que le Parlement sorte par une porte, disait-elle, et nous rentrerons aussitôt par l'autre. • En môme temps, dans le dessein d'atîamer Paris, un arrêt du conseil royal défendait aux marchands de Poissy de vendre leur bétail pour l'approvisionnement de la ville.
Toute conciliation avec Anne d'Autriche devenant impossible, il fîfllait songer à la sûreté publique : on s'empare de la Bastille (13 janvier) ; le commandement en est confié à Broussel et à son fils Louvières; l'arsenal est de même livré à un conseiller au préjudice du comte de
Fiesque, qui le demandait. Li milice bourgeoise avait pour chef immédiat le prévôt des marchands, et pour colonels les plus fameux des parlementaires; une gravure allégorique célèbre celte victoire sur la noblesse militaire par ces mots si connus : Cédant arma togœ. Des désastres publics venaient encore ajouter à la gravité de la situation. La Seine, pas ou mal protégée par des parapets, venait de déborder et causait de grands désastres \ « ce qui ne nous incommode pas moins, dit le chroniqueur Renaudot dans sa Gazette, que les troupes qui sont logées aux environs d'ici. «Mais le bon ordre règne dans Paris, hs vivres abondent et sont à bon marché, grâce aux soins de la municipalité et à l'arrivée des paysans, qui fuient devant les troupes royales.
Bientôt cependant le Parlement et l'hôtel de ville allaient se trouver dépassés; les nobles mécontents accouraient en foule dans la ville et demandaient à se joindre au mouvement. Dès le 16 janvier, de Retz, de Beaufort prenaient place dans le Parlement; les ducs d'Elbeuf, de Longuevilie, de Bouillon, les princes de Conti et deMarsillac venaient lui offrir leur épée; fantassins et cavaliers prêtaient serment et recevaient un drapeau où se lisait cette devise : Begem nostrum quœnmus. Des impôts, votés par le Parlement, avaient été fournis avec empressement pour faire face à toutes ces dépenses.
Le 21, un arrêt du Parlement déclarait Mazarin perturbateur du repos public, ennemi du roi et de l'État, lui enjoignait de sortir avant huit jours du royaume; après
1. Voir Inondations en France, par Champion, ouvrage couronné par l'Institut. — Les détails navrants de cette inondation sont beaucoup trop longs pour que nous puissions les rapporter ici, bien que ce fléau ait ajouté aux misères de la Fronde.