EN FRANCE
de condamner la noblesse. « L'aristocratie féodale, a dit M. de Barante, resta exclusivement militaire et n'usa jamais de sa supériorité et de son indépendance que pour ses intérêts propres, particuliers, pas même pour l'intérêt collectif de la noblesse; l'inlelligence politique lui a complètement fait défaut. » — « A-t-on jamais, écrit M. Yillemain, prétendu, insinué seulement qu'un de ses membres, le plus grand, le plus honnête, le plus indépendant, ait convoité le pouvoir, désiré la puissance pour réaliser un plan de vaste politique qui fît la France plus grande ou seulement plusheureuse *? » Quel programme pourrait-on présenter au nom de cet ordre?
S'il en fut ainsi des meilleurs, et aux plus grandes époques, qu'attendre d'un prince d'Elbeuf, « Lorrain ruiné, mal famé, rapace, qui, pendant dix ans, remarque H. Martin, avait appris les armes sous les drapeaux des ennemis delà France; » d'un Conti, petit, bossu, que de Retz, dans son langage malin, appelle « un zéro qui ne multipliait que parce qu'il était prince du sang? » Qu'attendre de Beaufort, « brave et sot, étourdi, bavard, ne sachant couvrir sa nullité de discrétion et de silence, fantôme de chef, tout fier d'avoir présidé autrefois aux conciliabules de quatre ou cinq mélancoliques qui avaient la mine de songe -creux? » Faut- il nommer ceux qui venaient derrière ce trio? M. de Longueville, descendant du fameux Dunois, qui espérait devenir par arrêt du Parlement «à demi légitime, » et qui avait déjà été de t quatre ou cinq guerres civiles sans être devenu moins flot-
1. On peut consulter sur ce sujet le travail que M. Louandre a publié dans la Revue Nationale : L'ancienne noblesse française (t. 7 et 8, 1861-02). L'érudition sûre et impartiale de l'historien a éclairé aussi vivement ce sujet aue celui de l'Alimentation publique.