‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 94 sur 503 · INFLUENCE DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA NOBLESSE

tant et moins irrésolu; » le duc de Bouillon, vrai seigneur féodal, pour lequel le patriotisme consistait dans l'intérêt de sa maison ducale, et qui, pour reprendre sa principauté de Sedan, aurait livré la France entière à l'Espagne; La Rochefoucauld, qui ne faisait la guerre que « pour mériter le cœur et plaire aux beaux yeux » de madame de Longuevilie; le maréchal delà Molhe-Houdancourt, etc. C'étaient cependant ces hommes auxquels Parlement et bourgeoisie allaient confier leurs destinées. Madame de Longuevilie et madame de Bouillon scellèrent on quelque sorte l'union de la noblesse et de la Fronde en venant s'établir à l'hôtel de ville avec toute la cour de leurs adorateurs.

Dirigé par le parlement de Paris et par la noblesse, ce mouvement ne pouvait manquer d'avoir un contre-coup dans les provinces, oîi, depuis la suppression des intendants, les seigneurs recouvraient chaque jour leur autorité féodale, et, comme par le passé, entraînaient ou modéraient à leur gré les passions. L'histoire de la Bourgogne, fidèle ou rebelle suivant que son gouverneur Condé prenait parti pour ou contre la cour, prouve l'influence puissante et encore presque entière de l'aristocratie. Si le duché de Bourgogne avait depuis un siècle donné des preuves de patriotisme en résistant à l'invasion des Suisses poussés par la Sainte-Ligue contre Louis XII, plus tard, en refusant de reconnaître le traité de Madrid, qui le détachait de la France, et enfin par son héroïque résistance de 1636, où de son corps elle avait protégé le cœur du pays, ce patriotisme était encore bien féodal, et le gouverneur, arbitre de toutes les grâces, de toutes les positions de la province, était, surtout quand il s'appelai le prince de Condé, plus que le roi de France, peut-ôtn

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