‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 98 sur 503 · DU DUC DE LONGUEVILLE · texte numérisé non relu

DU DUC DE LONGUEVILLE

Texemple do la apitale et d'un si grand nombre de personnes bien intentionnées qui y sont, à ce que vous employiez à une môme fin qu'eux les moyens que vous avez en main et l'autorité de votre charge, invitant vos amis et ceux qui sont sous votre pouvoir de s'y joindre ; ei» quoi faisant nous aurons le bonheur d'avoir relevé et affermi l'autorité de notre jeune roi, avec espérance que non-seulement nous remettrons bientôt la paix et le repos dans le royaume, mais que celle encore de la chrétienté en sera une suite infaillible, ce que ne doutant pas que vous ne soyez très-bien considérés, je demeurerai « Votre très-affectionné ami à vous faire service.

« Henri d'ÛRLÉANS.

u Paris, IK janvier 1649. >

Les dispositions de la Normandie répondaient parfaitement aux désirs de Longueville ; tous les correspondants de Mazarin sont unanimes à lui représenter a qu'il y a à craindre à Rouen et dans la province, si le roi ne vient par sa présence raffermir l'obéissance de ses sujets. » Le clergé seul, maintenu par l'archevêque de Rouen, et l'hôtel de ville sont bien disposés; encore craint-on que « si le duc vient à Dieppe, il ne puisse avec ses nombreux amis tellement incommoder Rouen, que les bourgeois timides ne changent de résolution. » Ces avertissements et la conduite de M. de Longueville avaient alarmé la cour. Elle fît défendre au Parlement et à l'hôtel de ville d'obéir aux ordres du gouverneur jusqu'à nouvel avis de Sa Majesté. Dans des conjonctures aussi graves, le premier président, malgré ses bonnes dispositions pour la cour, n'osa pas enregistrer cet ordre du roi sans prendre l'avis des anciens; c'était se lancer au milieu de la tempête. Par leur influence, toutes les mesures ministérielles, sousdivers prétextes, sont rejetées ou éloignées : on refuse l'entrée de Rouen au comte d'Harcourt, envoyé pour commander la province de Normandie au lieu et place du duc de Longueville.

On ne sut bientôt plus s'arrôter sur cette pente glissante : on va jusqu'à introduire Longueville dans Rouen. C'était un premier succès pour le duc; restait à savoir comment le Parlement accueillerait sa présence et s'il oserait, en lui maintenant; les pouvoirs de gouverneur, faire acte de rébellion ouverte contre l'autorité royale. Tout se passa au gré du prince : son langage insinuant, où il flattait la haine des anciens contre le semestre, lui donna les plus ardents ; les cris du peuple, gagné à sa cause par d'habiles meneurs, effrayèrent les timides, qui se retirèrent peu à peu des séances. Seuls les échevins de la ville résistèrent tant qu'ils purent; mais que faire contre le flot des adhérents, toujours grossissant, qui les emportait?

Longueville prit du reste toutes les précautions pour montrer au Parlement son désir sincère de ne rien faire en Normandie que de concert avec lui : il compose un conseil de députés du Parlement, de la chambre des comptes, de la cour des aides et du bureau des finances, conseil qui, malgré son air d'indépendance, appartenait entièrement à Longueville; en même temps, il anéantit le semestre, seule cause qui passionnât les magistrats frémissants de ces innovations. Dès lors le duc est libre d'agir à son gré : il s'empare des receltes, et pour s'attacher le peuple, supprime un certain nombre des anciens impôts, qu'on remplace en mettant en coupe, hors temps, les forêts royales ; on vend partout, et à moitié prix (à dix livres le boisseau), le sel dont les greniers du roi sont remplis. Cette vente fait fureur, et l'or coule dans les coffres de l'hôtel de ville, qui peut facilement mépriser les trois cent mille livres qu'offrait le receveur des gabelles, si on ne voulait point vendre le j

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