‹ La misere drame en cinq actes, precede de l'Irlande, prologue en un acteChapitre 14 sur 40 · JOB, KITTY, SMITH · texte numérisé non relu

JOB, KITTY, SMITH

JOB. Kitty, un siège...

smith. Non .. Je veux rester sur les pieds.

Bonsoir, les amours... Ab I ah ! ali! m’ontils battu !.. .

KITTY, avec dégoût. Oh 1

JOB, bas à Kitty. Regarde bien celhomme. . . Reconnais-tu cet homme ?

KITTY, de même. Grand Dieu! c’eslSinilh.

JOB. Notre frère...

SMITH. Fi! des amis!... Mais ils avaient

bu , je leur pardonne Oh ! m'ont-ils

battu!...

jon , ri part. Sir Peters ne m’avait pas trompé : c'est bien la dégradation dans toute sou horreur 1...

KITTY, ri part, regardant Job. Qu’il doit souffrir I...

smith. Ohé, la fille! du grogl.. . ( Chantant .)

Buvons «uns vergogne L'eau de feu :

Quand il boit, l'ivrogne Est un Dieu 1 O la belle trogne (6ia),

Ventrebleu 1

job. Plus bis... il y a là un enfant qui doit...

smith. Motus... Je n’ai pas d'enfants, moi, mais je les aime.

job, (i/xirf. Pourrait-on le sauver encore . Essayons.

smith. A boire, mille diables! ou je casse tout. (Il tombe à terre, Kilt'l pousse un cri.) Ne faites pas attention... j’ai l’habitude!... (Se relevant.) Vous ne m'olfrez pas de m asseoir... Ah ! ça n’est pas poli, milord...

job. Vous vous nommez Suiiili Dcans ?

SMlTll. Je crois qu'oui.. . Après ?

job. Vous souvenez-vous de \otre frère Job et de votre sœur Kilty ?. ..

smith. Attendez donc... Je les ai noyés dans ua pot de rac , et il faut que je les repêche... Job... Kittv... c’est vous!...

KlTTY- Mon frère 1 ...

job- Ta main !

SMITH. Non, il y a Irop de boue. ..

JOB. Que ni importe !... donne... •

SMlTll, lut prenant la main. Merci!...

JOB, à part. Oh I une lueur... ( Haut, à Smith.) Es-tu content de nous revoir?...

smith, pleurant. Je le crois bien, mille millions de tonnerres!

job. Deslarmes !... Tu pleures, bon Smith?

smith. Comme une vraie Madeleine.

job. Pourquoi pleures-tu?

smith. Pourquoi?... Dam!... je ne tais pas... J'ai le vin tendre, apparemment.

JOB, d part. Rieal... rien!...

SMITH. Ah ça, les amours, vite au cabaret!... le milord, la femme, le petit, toute la boutique... C’est moi qui régale...

job. Tu as de l’argent ?

SMITH. On me fera crédit.

job. Avec quoi payeras-tu ?. ..

SMlTll. Avec mon travail.

JOB. Tu travailles donc ?

smith. Le moins que je peux... Je porte des paquets, j'ouvre les fiacres, j’offre du feu aux fumeurs, je balaye les ruisseaux... J ai comme cela une fpulc de petites industries nui ne 1110 donnent p«is assez pour inangcr, mais assez pour boire.. . Quand je n’ai rien gagné, j’entre dans la première taverne, j’en'onne une chanson, et ou s amuse à me faire rouler sons la table... Tenez, voilà ma romance favorite :

Buvons sans vergogne L'eau de...

Mais il y a un enfant qui dort... Silence ! .. . job Depuis quand vis-tu ainsi?

SMITH. Dcpuisjoujours. . . Mais non, r on. . . Je me souviens... Aulrefois, il y a bien longtemps, j'aimais nnc pauvre ouvrière, sage et bonne, courageuse et dévouée. Malgré les fatigues, les veilles , les épargnes , nous ne pouvions gagner notre vie tous les deux, et comme notre mariage était impo-sible , nous avions résolu de mourir. Le charbon s’alluma... un long cl dernier baiser fut échangé entre nous... puis... que se passa-t-il?...

Attendez... Alt ! la police vint, on enfonça la porte, on nous secourut .. La jeune fille était morte !... Moi, je fus sauvé , et je n’ai jamais eu le conragc de recommencer. C’est depuis ce temps-là que je bois, le jour, la nuit, sans trêve, sans honte , comme une éponga.. . Osez donc m’appeler ivrogne !..

job, dpurl. Oh ! la misère I la misère!.. .

«smith, arec farce. Ce n’est pas des larmes qu’il me faut ; c’est de l’eau de feu !... A boire, mille potences ! à boire !...

jor, ù part. Ne pourrai-je le tirer de cet égout?...

smith. Vous voilà tristes comme deux carafes d’eau... Je parie que je vous ai conté mes bêtises... Voyons, venez-vous au cabaret?... Oui ou non...

job. Reste ici lulôt.

SMlTll. Nenni. J’ai besoin de me bassiner l’œil et de faire la paix avec les amis... Je ne peux pas avoir de rancune... (On frappe à la porte. )

job. Qui peut venir ?

smith. Entrez, vous autres. Mci, je sors.

( Entrent Fcargus et Toby , le visage caché dans leurs manteaux.)

job. Quels sont ces hommes ?

smith. Vrai, mes enfants, vous avez tort de ne pas me suivre.

toby, bas à Fcargus. C’est Smith...

feargus, de mime. Ne parle pas à ce pauvre fou, c’est plus prudenL

smith. l’este ! voilà deux gaillards bien vêtus... Bonsoir, la compagnie...

O la belle trogne,

Ventrebleu î Quand il boit, l’ivrogne Est un Dieu !

Il sort en trébuchant.

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