‹ La misere drame en cinq actes, precede de l'Irlande, prologue en un acteChapitre 21 sur 40 · LA MISERE. (I · texte numérisé non relu

LA MISERE. (I

DICKSON'. Du hameau voisin.

sir PETERS. Qu’y avez- vous fait ?..

Dickson. Mon métier comme toujours.

Des fermiers récalcitrants refusaient de payer leurs termes: j’ai saisi et vendu leurs meubles , j’ai mis ces braves gens à la porte, et j’ai eu la précaution de faire dém'<lir leurs cabanes pour qu'ils n’y pussent rentrer. I,a leçon profilera à d’autres.

SIR PETERS. C'est d’une sévérité...

Dickson. Fort juste. Je suis parfaitement dans mon droit, et je suis étonné qu'un agent de la loi ait pour ma conduite des paroles de blâme.

sir peters. De tels actes poussent le peuple à la révolte.

Dickson. La faiblesse du pouvoir l’y autorise bien autrement.

sir peters. Je n’ai pas de leçons 1 recevoir de vous , sir Williams.

Dickson. Ni moi , sir Peters.

sir peters. Ce n’est pas une leçon . mais un conseil que je vous donne.

Dickson. Eh 1 cordieu , je voudrais bien vous voir a ma place : comme principal locataire de ce domaine, je suis responsable des revenus; pour que je paye en haut il faut qn’on me paye en bas ou je me ruinerai , et je n’ai pus envie de l’être.

sir peters. Les temps sont si difficiles !

Dickson. Raison de plus pour ne pas faire de concessions ou nous serons débordés. Sir Peters qui devient philanthrope!

sir peters. Trêve de raillerie et agissez comme il vons plaira, mais veuillez m’écouter: il m’est venu des rapports très-graves sur la disposition des esprits dans le comté et jesuis accouru ici en souvenir de notre ancienne amitié.

Dickson. Je vous remercie.

sir peters. L'indignation est générale contre vous.

elêna , b eu i tir kemble. Que vous disais-je ?. .

sir peters. Je vous engage donc il vons tenirsur vos gardes.

Dickson. J’y suis et je n’ai pas peur de cette canaille : d’amant moins que ma chère femme ne partagera pas mes dangers.

sir peters. Madame...

Dickson. Retourne chez son père et je les reconduisais lorsque vous êtes entré.

sir peters. C'est très-sage à vous . sir Kemble.

elêna. Oh ! je ne pars plus maintenant.

SIR KEMBLE. Ma fille...

Dickson. C’est trop de dévouement pour moi , madame, et je serais impardonnable d’accepter un tel sacrifice.

elêna. Le devoir m'ordonne de rester I Dickson. Et moi , ie vous ordonne de partir.

sia KEuntE , à liUiia. Ne résiste pas à mes prières !

sir peters. Je vous enlèverais au besoin , madame.

Dickson, Toujours galant , sir Peters.

elêna. De quel danger s’agit-il donc, grand Dieu?

sir peters. Je ne sais riende positif, mais j’ai dei craintes réelles. Feargus Deans rflde dmsles environs de Kiane avec les plus déterminés de sa bande.

Dickson. Qu’il vienne et je ne le manquerai pas comme j’ai manqué son frère.

sir peters. L’autre vous a épargné , monsieur, relui-ci vous tuerait 1 elêna. Obi je me jetterais i ses pieds !...

Dickson. Vous partirez , vous dis-je !

sir peters. Madame , Feargus ne pardonne pas et il torture ses victimes.

elêna. Sauvez-le, alors, sauvez-le!..

sir peters. De tout cœur I je suis venu pour cela. — Que sir Dickson suive mes instruclions et je réponds de lui.

Dickson. Voyons un peu...

sir peters. Le jour, ne sortez jamais «an»

escorte, et, la nuit, laissez-moi établir nn poste armé dans le château.

Dickson. Le jour, j’ai mes fontes bien garnies : la nuit, j'ai de bons et nombreux serviteurs qui veillent.

sir peters. Ces précautions ne suffisent point.

Dickson. Que les bandits essaient donc d’enfoncer les portes et d'escalader les moral sir peters. ils n’essaieront pas.

Dickson. Eh bien, alors...

sir peters. Ce manoir a d’antiques souterrains qui aboutissent an loin dans les rochers et les bois : Feargus finira p.ir en découvrir l’entrée et tombera sur vous comme la fondre. •

Dickson. Nous voilà en plein mélodrame. • '■ sir peters. Dernièrement, on riche lord ' dont le château était gorgé d’hommes armés s’éveille au milieu de ia nuit, rallume sa bougie éteinte et jette un cri de terreur 1 Autour de la chambre étaient rangés comme des fantômes, les Hommes blancs qui le jugèrent et le pendirent à sa fenêtre 1

ÊLÊNA. Ah!... •

Dickson. N’elTrayez donc pas les femmes, sia peters. Williams, Williams, ne refusez pas mon offre 1...

Dickson, à lir Peters. La demeure de ce lord, dites-vons, «tait gorgée d». soldats : t

qnoi donc serviraient les vôtres î. .. A prouver que j'ai eu peur. Je refuse.

SIR PETERS- Williams...

DICKSON. Pour la dernière fo's je refuse.

Bou voyage à tous. Je vous reconduis jusqu’il la grille et je reviens me coucher : je suis brisé de fatigue.

sir Peters. Advienne que pourra.

Dickson. Mon cTicr Peters, sans vous faire de reproches, si j’étais A votre place, il y a longtemps que le dernier de ces misérables serait pendu. (J A’Wna.) Votre bras, tna chère.

sir peters, à tir Kemble. Je vais toujours, par pru lenre, laisser près d’ici mon constable John avec un détachement. ( ■lu moment oit Ut sortent tout ht Irait, Toby descend par la cheminée. )

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