SMITH, KITTY
Smith, l’apercevant. Voilà uue pauvre femme qui parait bien souffrante...
kitty, à part. Pourrai-je me traîner jusqu’à cette porte ?
smith. Il faut que j’aüle à son aide en mémoire de la morte... (Il t’approche d'elle.) Ma sœur !...
kitty. Smith ! oh 1 c’est Dieu qui t’en- Yoie !
SMITH, f'c mot-ià me fait plaisir, je n’y suis pas habilité. — Tes jambes ne te soutiennent pim, appuie-toi ferme sur moi et viens l'asseoir sur ce banc... Mais tu es trèsmalade. .. veux-tu que je sonne?
kitty. Non, non, ce n’est que de la fatigue...
smith. D'où viens-tu ainsi?
kitiy. Tu le sauras... mais parle le premier, quelles nouvelles ?
smith. Mauvaises, Kitiy, mauvaises...
kitty. Grand Dieu! Mary ..
smith. Oh ! ta KH» est charmante et Job en a le plus grand suin.
kitty. Merci I merci ! tu la fois donc quelquefois ?
SMITH- Souvent ! de loin, bien entendu.
car je n’oserais pas approcher d’elle. Tu com- i prends, je suis toujours ivre, toujours sale, et c’est une véritable miss que Mary. Je lui ferais peur et elle jetterait de beaux cris en voyant monsieur son oncle. Je ne I ai jamais embrassée, et c’est tout simple... comment irais-je frotter mon vilain masque à cette ro se-là T
KtTTY, d part. Je ne l’embrasserai pas non plus, moi!
smitii. Dans met !w s jouis, quand j'ai une lueur de raison, que je ne suis pav tout à fait ignoble, j'aime la suivie de loi - à la promenade : caché derrière la grille, le Ibngd’un arbre, à l'angle d’un mur, i iiuio ‘rite, muet, je la regarde longtemps sau'er et courir, et je crois, Dieu tue damne, (tu' un sourire me vient aux lèvres! Songer, tue di -je, qu’avec uu peu plus de rlun e et d • Bonne conduite ce buior de S < iib aurait pu devenir le pèr& d’une jolie petite pi incesse comme Mary !... Alois, si piis que je sois de vio et de folie, je . sens de vraies larmes me tomber des yeux !...
KITTY, à part. Et j’ai pu l’abandonner î
S vi l l it. Que je te coule une chose. — Hier j’étais gris, — je le suis tous les jours , mais ; hier c’éiait - u graud complet, — j'avais dormi je no sms combien d'heures au coin d'une borne, lorsque j'euteudis à mou oreille un délicieux pelii ramage... J’ouvris mes gros yeux stupides cl j'eus uu éblouissement...
c’était Mary qui passait par là. Elle me prit pour un mendiant et jeta un p nny dans mon chapeau, en me di-ant : Dieu vous protège !
moi, je ne répondis rien, l’émotion m’étranglait. .. oh I j’étais dégrisé ! l iens, Kilty, ja- 1 mais je n'ai demandé l'aumône à qui que ce soit, nuis j’ai reçu celle-là comme uu clirétiou reçoit la communion I Je ne l'ai pas dépensée, la pièce de Mary, et c’est la seule, je t’en réponds, à qui j’aie [ait cet honneur. Je la porte toujours là, dans mon gous-et gauche, côté du cu'ur, regarde pl i ôt... (/[ donne le penny d Kitty qui le Saisit avidement.)
KtTïï. Elle, l'a tenu (bus sa main !
smith. Oui, cl, je le le répète, elle l'a laissé tomber ainsi daim mon chapeau, en disant : Dieu vous protège!... Urptiis, celle pa oie est rc-têe là comme la pièce de monnaie ! Kitty, vo la une enfant qui serait le bon ange des Deans, s'ils n’étalent pas tous voués au diable !
kit i Y. Tais-toi!
smitii. Job excepté!... Enfin, tu vas être bien In ureuse de la revoir!. .. Mais, décidément, lu as besoin de recours.
KirfY. Je commence à me remettre... lu m’as fait beaucoup de bien. .. Dis-moi, Job deineure-t-il toujours près d'ici ?
SMUü. Toujours. ( Montrant la petite
mniton. ) Cette fenêtre, c’est celle de u chambre...
kitty. Oui. je me souviens... Smith, il faut courir le chercher ! courir, tu entends T smith. Quelques minutes et je reviens avec lui ; mais ne préfères-tu pas que je te conduise à la maison ? ( Signe négatif de Kitty.) Alf! faut-il que j'apporte la petite 7 J’oserais presque, aujourd’hui...
kitty. Ne l'amène pas, Smith, au nom du ciel, ne l’amène pas ! cache mè ne à Job que c’est moi qui le demande, je t’en conjure!... ( .1 part. ) Il ne viendrait peut-être pas 1...
smitii, à part. C’est étrange... elle est trèsmalade, ma pauvre sœur! (Il sort.)
kitty , seule. Mary ! Mary ! mourir sans la revoir!... Il le faut! c'est là mon châtiment!.. que mon agonie se prolonge encore, je l’ai trop mérité, juste Dieu!... OU! je souffre bien, pourtant !... Penser qu'elle est là, tout près, à quelques pas de moi, que je n’aurais qu’un signe à faire, qu'un mot à dire, pour l'étreindre avec délices sur mon cœur qui va cesser de battre !... Obi c’est déchirant pour une mère!... Mais il faut une expiation, il faut une victime 1 mon dernier soupir doit être une torture I... Ainsi, quand j’aurai vu Job, quand je lui aurai confié une dernière fois l’avenir de Mary, celle poitc sc refermera sur moi ! Aujourd’hui l'hôpital, demain la tombe !...