‹ La misère: son histoire, ses causes, ses remèdesChapitre 36 sur 50 · SOCIÉTÉS DE CRÉDIT · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS DE CRÉDIT

a donné de bons résultats, et ces Banques rendent en Allemagne des services très-appréciés ; mais il faut dire qu'elles existent surtout parmi les artisans qui ont besoin d'un petit capital pour développer leur commerce ou leur industrie, plutôt que parmi les oifvriers.

En Allemagne, cette classe de petits artisans ou de petits industriels est nombreuse, et justifie en quelque sorte la réussite des Banques populaires ; mais, en Angleterre et en France, où ces Sociétés de crédit se composent surtout d'ouvriers, elles n'ont pas eu le même succès et se sont peu développées.

En effet, l'ouvrier proprement dit n'a pas besoin d'avances pour son travail ; il a donc la tentation d'utiliser le crédit dont il peut disposer pour ses besoins personnels, et une fois la dépense faite, il lui devient difficile de rembourser la Banque, qui trop souvent se trouve en perte.

Les Sociétés coopératives de crédit ne sont donc pas à recommander d'une manière particulière en France, autrement que comme opérations commerciales; au point de vue particulier qui nous occupe elles n'ont qu'un intérêt très-secondaire.

Les Sociétés coopératives de production provoquent

l'association des ouvriers entre eux, pour former un établissement industriel et réaliser ainsi les bénéfices du patron. — Les actions sont en général d'une somme peu élevée, 50 ou 100 francs, et chaque ouvrier doit être possesseur d'une ou de plusieurs actions. — Les gérants de la société sont nommés par l'assemblée générale des sociétaires, et les bénéfices sont répartis entre tous les ouvriers actionnaires à la fin de l'année.

En théorie ce système paraît excellent ; .mais en pratique, il n'a pas donné jusqu'ici les résultats qu'on en attendait, et qu'on est du reste en droit d'en attendre pour l'avenir.

Ces Sociétés de production ont été essayées en Angleterre, en Allemagne et en France, et plusieurs d'entre elles existent et réussissent, mais un grand nombre ont été obligées de se dissoudre. Pour produire de bons résultats, il faudrait que les ouvriers fussent plus instruits plus habitués aux affaires et moins exclusifs. Au Heu de vouloir tout faire par eux-mêmes, ils devraient s'entendre avec les patrons, leur laisser la gestion de la Société, et se borner, en outre d'un salaire déterminé, à recevoir le revenu proportionnel des actions dont ils seraient propriétaires.

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