‹ La misère: son histoire, ses causes, ses remèdesChapitre 48 sur 50 · paquets au coulage · texte numérisé non relu

paquets au coulage

Location de l'éiendage »

Total des produits F.

Vente de savon F. 497 70

d" "de chlorure, soude,. • 134 — d« debleu,bros'™,bait''''» • 87 — Total des ventés,... •

Recettes générales F.

Bénéfice, intérêts et amortissement non compris •

DEPENSES

Gages des employés F

Charbon, 63 930 kil., i, F. 30,(6 les % ' Cristaux, soude, 2.443 kil., à F. 15.

Chlorure, soude, 220 kil

Savon, âlô kil., à F. 80.90

Gaz

Contributions

Assurances

Dépenses diverses

Blanchissage des bains

Frais d'entretien

Eau, 5.680 mètres cubes »

Intérêt des emprunts »

Dépenses totales F,

Jusqu'ici il n'a pas été possible de donner un intérêt aux actionnaires, les recettes et les dépenses s'équilibrant seulement. Cela tient à ce que l'établissement étant trop éloigné du centre de la population ouvrière, sa clientèle n'est pas suffisante pour l'occuper en plein. — En effet, au lieu de 26,490 heures de laveuses, il pourrait facilement en fournir 120,000 par an, et, dans ces conditions, les résultats seraient bien différents (i).

Le point essentiel pour la réussite des bains, et surtout des lavoirs, est de les placer dans un quartier très-populeux, afin que les laveuses aient peu de chemin à parcourir pour s'y rendre.

A côté des institutions dont il vient d'être question, on pourrait encore en citer beaucoup d'autres, car le rôle de la charité préventive privée est illimité ; mais craignant d'entrer dans trop de détails, j'ai préféré n'indiquer que les principaux moyens de combattre la misère^ laissant à l'initiative individuelle, cette inépuisable source de charité et de progrès, le soin d'en trouver de nouveaux^ suivant les besoins de chaque localité.

(i) Pour plus de renseignements, s'adresser au Président de la Société de Bains et Lavoirs publics de Saint-Sever, à Rouen.

CONCLUSION-

CONCLUSION

Nous venons de jeter un coup d'œil r cette grande question de la misère, qui < rait des volumes pour être traitée à foi intention, dans les pages qu'on vient de lii été d'entrer dans tous les détails qu'elle o notre but a été plus modeste : nous avoi ment voulu, tout en donnant quelques t ments utiles, appeler sur ces questions 1 des hommes de cœur, et les engager à s'e sérieusement au point de vue de l'étude, ■ de la pratique.

De l'étude d'abord; en effet, la charité seulement une vertu, elle est aujourd'hui table science. Dans un état inférieur de c'v alors que la vie est simple, les besoins j breux et les relations faciles, la chariti borner h l'aumône. Mais dans la sociéti!

milieu des agitations d'une vie compliquée et Gcile, dans nos grands centres de population, la irité est une des branches de l'économie sociale, pour qu'elle soit efficace, il faut qu'elle soit ieusement comprise et pratiquée avec intellîice.

D'autre part, si l'étude est nécessaire, si la théoest bonne, la pratique surtout est importance, la bonne volonté, le dévouement, le sentiment devoir deviennent indispensables. Or, à cet ard, nous avons tous de grands progrès à faire, nitiative privée, dans le domaine de la charité Time dans beaucoup d'autres questions , est gênéemem faible dans notre pays. Nous nous déchar- DHS volontiers sur l'Administration du soin de jlager les misères qui nous entourent,' comme us avons la tendance de nous décharger sur elle souci des affaires publiques.

Sans doute, et je l'ai montré dans ces pages, administration a son rôle, un rôle important à iipUr dans le soulagement de la Misère ; mais, :ôté d'elle, la charité individuelle a une grande Lce h occuper.

Et pour cela, il faut apprendre à donner. Il faut e chacun donne, sinon son argent, du moins son

CONCLUSION 25 1

temps, sa peine, son zèle. Avec de la bonne volonté^ on fait des miracles.

C'est surtout la jeunesse que je voudrais enrôler dans Tarmée qui combat contre la misère. Que les jeunes gens apportent dans cette lutte, véritablement sainte, leur ardeur, leur confiance en l'avenir, leur force^ leurs loisirs, leur foi au succès; que, de bonne heure, ils apprennent à se préoccuper des autres et à faire pour eux quelques sacrifices ; ils trouveront là de nobles jouissances qui les relèveront à leurs propres yeux, et une sauvegarde contre les entraînements de leur. âge. En même temps ils s y prépareront à devenir cqs citoyens pratiques, intelligents, dévoués^ qui sont la meilleure richesse des nations.

Si l'égoïsme est un dissolvant qui finalement cause la ruine des peuples^ le dévouement de chacun pour tous et de tous pour chacun assure leur grandeur.

Aimons-nous donc les uns les autres, c'est là le fond de la morale chrétienne, et c'est aussi le secret du bonheur dans ce monde. — Ah ! ce bonheur, que nous cherchons avec une ardeur si constante, jamais lassée, hélas ! pourquoi le rencontronsnous si rarement ? — N'est-ce pas précisément

arce que nous sommes trop préoccupés de nouslêmes, trop soucieux de sauvegarder nos intérêts, e ménager nos aises, de nous arranger une exis- ;nce douce et facile ?

Ne serait-ce pas parce qu'au lieu de chercher à :ndre les autres heureux, nous cherchons avant )ut à l'être nous-mêmes ? Pour moi, j'en suis conaincu, le vrai bonheur, les grandes joies de la vie, ; trouvent dans le dévouement, dans l'amour du rochain, dans l'oubli de soi-même.

« S'il est une loi confirmée par l'expérience, dit Alexandre Vinet (i), c'est qu'à mesure qu'on fait le bien, on trouve p!us de plaisir i le faire. Une seule étincelle, si elle ne périt pas, si elle trouve à s'attacher, embrase toute la vie. Il y a dans tout acte de bienfaisance quelque chose de si conforme à notre nature ou de si digne d'elle; l'âme, dans l'atmosphère de la charité, se sent tellement à l'aise, qu'à mesure qu'elle respire cet air, elle n'en veut point respirer d'autre. Il y a de la joie à faire ce qui est droit, joie d'autant plus vive qu'elle fut moins prévue, et

(il Voir Nouveaux Diicours. page 3ôo ; Paris, Sandoi, ou Esprit

« qu'on a vaincu, pour se la procurer, une plus « forte résistance delà nature et des sens... Voilà « pourquoi les plaisirs de la charité, s'il est permis « de les nommer ainsi, ne se flétrissent jamais. « On vit dans l'âme d'autrui, on s'unit à toutes o ses impressions. Plus même ce bonheur nous M inspire de sacrifices, plus il nous devient cher, « nous l'aimons pour lui-même et pour ce qu'il « nous a coûté. Ainsi le premier des devoirs o devient le plus profond des instincts ; il se con- « fond avec l'amour que nous portons à nous- <i mêmes : nous ne le distinguons plus ; et notre (1 âme, dans chacun de ses mouvements, se porte " tout entière d'un même côté, ne laissant rien « d'elle en arrière. »

Je suis persuadé que, lorsqu'on est parvenu au terme de sa carrière , la seule chose qui nous . paraisse de quelque valeur dans le passé, c'est le bien qu'on a pu faire, les services qu'on a pu rendre.

Un homme, qui avait fait beaucoup de bien pendant sa vie, fit inscrire sur sa tombe cette parole frappante :

« Ce que j'ai donné, je l'ai encore ; ce que j'ai « gardé, je ne l'ai plus. »

>e toutes les noblesses, a dit le comte de Tocville, je n'en ai jamais apprécié qu'une seule : t celle que confèrent la pratique du bien et lour du peuple. »

on nie permette encore de donner deux conratiques à ceux qui veulent faire le bien, premier, c'est de consacrer d'une manière ;re une certaine proportion de leur revenu leurs bénéfices annuels aux bonnes œuvres.

nais plusieurs personnes qui se font un de- ; donner chaque année le dixième de leur

ystème a de grands avantages. Notre nature hangeante ; nous sommes quelquefois si inits, même pour le bien, qu'il est bon de acer nettement notre devoir. Qiiand la part ivres a été une fois décidée devant la consavec sagesse, avec générosité, on a beau- us de facilité \ donner, et l'on peut d'autant régler son budget du bien, suivant le degré ;t qu'on éprouve pour les œuvres diverses lies on s'intéresse. L'argent ainsi mis de : donné avec discernement ; on sait ce qu'on ;t pourquoi on donne, sans se laisser guider apricc du moment.

CONCLUSION 2S5

Mon second conseil, c'est de ne pas oublier les pauvres le jour où nous faisons notre testament, et de ne pas attendre au dernier moment pour le faire. Savons-nous si, à l'approche de la mort, nous aurons le temps ou les facultés nécessaires pour disposer sagement de notre fortune ? Ne vautil pas mieux nous souvenir que la mort peut nous surprendre à tout âge, et assurer d'avance par quelques legs la réalisation des bonnes intentions qui germent en nous ?

Il y a là pour chacun, et principalement pour ceux qui, de leur vivant, pour une raison ou pour une autre , n'ont pas pu faire tout le bien qu'ils auraient voulu , un moyen de réparer le passé (i).

J'aurais voulu traiter moins imparfaitement le beau sujet que j'ai choisi, faire surtout mieux comprendre le bonheur qu'il y a i faire le bien et le devoir qui nous incombe il tous, de nous consacrer aux autres. Un homme de cœur, un chrétien éminent, le père Gratr>-, me prêtera sa voix élo-

(0 Pourqu» le fcstamenisoilvaiable.il suffit qu'il soit licrit en enlicr, daté el àgai de la main du tettateur.sur n'importe quelle feuilla de papier. — Voir Code Napoléon, art. 970, et pour In portion des

r au moment de prendre congé de mes lec-

e ne demande au monde contemporain, dit- [), qu'une seule chose : la volonté déiermîd' abolir la misère.

iu'on se décide publiquement, solennelleit à prendre pour devise la parole de Moïse : sraël, tu ne souffriras pas qu'il y ait dans ton 1. un seul mendiant ni un seul indigent. »

£ tous les peuples, toutes les sectes, tous les :is s'accordent sur ce point unique et le pour- ,-ent sans jamais s'arrêter, et il suffit, e dis que, par cela même, la justice, la vt- ,la religion, se répandent sur la terre. Par t même le chris,tianisme gouverne le monde.

-omment cela ?

-'est que le christianisme, on ne peut trop le éter, se réduit à un point : « J'ai eu faim, dit Ihrist, et vous m'avez nourri ; vous êtes sau- . » — « J'ai eu faim, et vous ne m'avez pas irri, vous êtes jugés et condamnés. »

/oilà le point. Selon l'Evangile, tout est là.

« non en ce sens que ce seul point conclu " reste , mais en ce sens qu'il impliq^ue toui (' implique et attire et suppose toute pratîc « toute vertu chrétienne, et la vraie vie de 1' H en Dieu,

« Donc, si nourrir ou ne pas nourrir Je « Christ, c'est-à-dire le moindre des hommes « souiïre, est toute la base du jugement derr 1' toute la question du salut éternel, il est 1 (( clair que ce point seul est et implique le chri a nisme entier.

« Donc, les individus et les peuples opère:

« le christianisme entier, dès qu'ils travailleror » tout leur cœur et de toutes leurs forces, ; « persévérance jusqu'au succès, à nourrir de ] (( la masse des hommes que la misère dévore.

« Donc, encore une fois, c'est l'œuvre c « tienne, essentielle, qu'entreprendront les So <i tés humaines, dès qu'elles entreprendront « bannir de leur sein la misère. »

Ce passage n'est-il pas admirable et ne suf pas à lui seul, pour encourager tout honimt cœur à s'occuper des pauvres et à s'efforcer d( soulager ?

Alors même que la charité ne suffirait

« pour couvrir une multitude de péchés (i), » nous devrions l'exercer parce que c'est la volonté de Dieu, et parce qu'en nous occupant des pauvres et des malheureux, nous trouvons une nou* velle source de bonheur.

Mais il faut que cette charité soit faite avec intelligence et avec unité de vues et de directions pour produire tous ses effets, et tout en n'osant pas espérer avoir atteint le but, j'aime à croire que mon travail contribuera à en rapprocher, et que j'aurai décidé plus d'un de mes lecteurs à user de son initiative pour s'efforcer d'améliorer le sort des classes les moins favorisées.

L'initiative individuelle est une grande force, ne l'oublions pas, et quand elle s'exerce dans le domaine dfe la charité, elle a un vaste champ d'activité. — r Occupons-nous donc des autres, soulageonsles, aimons-les surtout ; ne nous laissons pas décourager par l'insuccès passager; luttons, luttons toujours, et si les progrès ne sont pas aussi rapides que nous le voudrions, ne doutons pas du triomphe du bien sur le mal, dont la misère est une de;s plus tristes conséquences.

(r> l'^Epitrede sîfnt Pierre, chap. IV, verset 8.

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