LA MISSION BELGE EN ANGLETERRE
versité de Louvain. Tous ces faits sont établis par des documents authentiques et nous aurons l'honneur de les soumettre tous au gouvernement de Votre Majesté,
" En dépit de toutes ces souffrances, la Belgique, en qui est personnifié le droit outragé, est résolue à accomplir jusqu'au bout ses devoirs envers l'Europe. Quoi qu'il arrive, elle défendra son existence, son honneur et sa liberté. ".
A cette déclaration si empreinte de grandeur et de loyauté, Sa Majesté George V, répondit en assurant la Belgique de toute sa sympathie et de la sympathie de tout son peuple; de plus, elle donna à l'héroïque nation, l'assurance de son appui jusqu'à la fin, et jusqu'à l'heure du triomphe définitif de la cause du droit contre la force.
C'est ainsi réconfortée, que la Mission belge s'embarqua pour l'Amérique, où elle venait dénoncer au chef d'une des grandes nations du monde, les odieuses pratiques, et les actions infâmes de l'Allemagne.
Après le roi George V, le Parlement anglais, voulut, par une manifestation exprimer, toute l'admiration du peuple anglais, pour le souverain et la nation belges, et le 27 août, M. Asquith, dans un discours, que l'histoire conservera comme une belle pièce d'éloquence, autant que comme un témoignage à l'héroïsme belge, se fit l'interprète de tout son peuple.
Le premier ministre s'exprima en ces termes :
" Peu de paroles sont nécessaires pour recommander cette adresse à l'attention de la Chambre. La guerre qui
ébranle actuellement dans ses fondements mêmes le système européen tout entier a son origine, dans un conflit dans lequel notre pays n'était pas directement intéressé. Nous avons lutté de toutes nos forces, comme chacun sait, pour empêcher la crise d'éclater, et, lorsque cela fut devenu impossible, pour en limiter le champ. Il est essentiel, et je crois opportun, qu'on sache clairement quand et pourquoi nous sommes intervenus.
" Ce fut seulement lorsque nous nous fûmes trouvés en présence de cette double alternative : tenir ou renier nos engagements solennels, justifier la confiance mise en nous ou nous incliner devant la force brutale, que nous avons tiré l'épée. Nous ne nous repentons pas de notre décision.
" La tâche qui nous incombait était une de celles auxquelles une grande nation jalouse de sa renommée, une race élevée comme la nôtre dans ce pays de liberté, ne pouvait se dérober sans se couvrir d'une honte éternelle. Nous étions contraints de par des obligations précises et supérieures d'affirmer et de maintenir l'indépendance menacée d'un Etat neutre.
" La Belgique n'avait aucun intérêt à elle propre à défendre, si ce n'est les intérêts suprêmes et prépondérants de chaque Etat, grand ou petit, digne de ce nom, à savoir : le maintien de son intégrité et de sa vie nationale.
" L'Histoire nous enseigne que le devoir de faire triompher le grand principe qui est, après tout, le principe fondamental de la civilisation et du progrès, a incombé parfois aux moments les plus critiques dans le passé aux Etats relativement petits sous le rapport de rétendue et de la population, mais grands en courage et