A U NOM DE M. RA YMOND PO INC A RÉ
PRÉSIDENT DU CONSEIL (i) PAR LE Comte Ch. de Chambrun
Theverycharacterofthepresentsolemnitieswhichhavebrought this délégation to America awakens with us in France a peculiar feelingof sympathy and grateful retrospection. Ourintellectual world, our literary men — ail who are versed in historical research and who cherish the great memories of the past — look back with love and prideuponthe onetime humble heroes whose venturous spiritand whose wonderful foresight made of their own mother country the glorious promoter of civilisation. Indeed, the ties uniting France and America hâve ahvays been popularv^ith us, and our public men hâve ever justly prized their great and valuable importance; but, in thepresent instance, the Prime Ministerofthe French Republic has desired to be personally represented. He, also, a patriot and a man of letters, cannot refrain from émotion when he recalls that page of our common history,when a countrymanofourswithscanty means, but with vast courage and genius opened new lands and new prospects tothe achievementsof humanity.
And this is why M. Raymond Poincaré wishes that his own tributeshouldnotbelackingwherehonorsarebestowedupon our brave Champlain; it is my good fortune, gentlemen, to be the bearer of this heartfelt tribute in memory of the early traveller now famous amongour great explorers.
Curiously enough, at différent stages, it has been the destiny of Frenchmen to play on this pround continent a décisive part in the interestofthe world'sprogress. Whetheras pioneersin thenorthern
fi) Discours prononcé le 2 mai 1912 à la Chambre de commerce de New-York.
AUX ETATS-UNIS Ij
and western dominions, at a remote period when thèse lands were yet unknown, or later on, in time of need, when the United States sought freedom and independence, was it not Frenchmen who came again with helping swords in a new American cause, where, as volunteersand soldiers, theirhearts became enlisted.
But on the other hand, we citizens of France, donot forgetthat it was upon your virgin soil that free institutions were first sown of which we inturn wereableto fullyharvest.
The déclaration of the American Independence preceded the déclaration of the Rights of Man, and republican government in America preceded the establishment of free government in France.
Mutual action at décisive moments, as we see, has blended together the historiés of France and of the United States with ever bénéficiai effect, leawing to-day in the hearts of both nations an unparalleled feelingof esteem and constantly well w'ishing affection. (Great applause.)
Voici la traduction française du discours ci-dessus rapporté, qui a été prononcé en anglais :
Le caractère même des fêtes qui a amené en Amérique cette délégation à laquelle vous réservez un si chaleureux accueil, éveille partout en France le sympathique souvenir d'un passé lointain mais toujours cher. Chez nous, le monde intellectuel, les hommes versés dans la littérature et l'histoire, tous ceux qui ont à cœur de perpétuer la mémoire des gestes glorieux, rendent un hommage ému aux héros dont l'ardeur aventureuse et l'admirable clairvoyance ont indiqué, à travers les siècles, à la Mère Patrie sa mission civilisatrice dans le monde.
Certes, les liens qui unissent la France et les États-Unis ont toujours rencontré dans notre pays la faveur populaire et nos hommes d'Etat en ont su apprécier l'importance et les bienfaits; mais, dans la circonstance présente, M. le président du Conseil de la République française a désiré être personnellement représenté ici. Homme d'Etat en même temps qu'homme de lettres, il n'a pas pu rester indifférent en tournant la page d'histoire commune à nos deux pays, où l'on voit un de nos compatriotes dont les maigres ressources avaient si peu de rapport avec son grand courage et son génie, surmonter tous les obstacles, découvrir de nouveaux territoires et des orientations
nouvelles pour rhumanité. C'est pourquoi M. Raymond Poincaré a voulu que son tribut personnel ne fît pas défaut là où des honneurs publics sont rendus à la mémoire du brave Champlain. Ma tâche, Messieurs, est d'apporter cet hommage au voyageur d'autrefois qui figure maintenant au premier rang de nos explorateurs les plus fameux.
Chose étrange, à différentes époques et aux heures décisives, ce fut la destinée des Français de jouer un rôle d'une singulière importance.
Sur le continent nouveau, les uns pionniers, dans les territoires du Nord et de l'Ouest, au temps lointain où ces contréesétaient encore inconnues, les autres, volontaires et soldats, accourant plus tard et mettant leurs épées au service de la cause de l'indépendance américaine dans laquelle leurs cœurs s'étaient enrôlés.
Mais d'un autre côté, nous autres Français, nous ne pouvons oublier que c'est sur le sol encore vierge de votre grand pays que se leva la semence première et généreuse des institutions démocratiques dont à notre tour nousavons su recueillir notre part. La déclaration deTIndépendanceaméricaineaprécédé les Droits del'homme et du citoyen, et la République proclamée en Amérique a précédé l'établissement d'un Gouvernement libre en France.
Ainsi que nous le voyons, une action commune à des moments décisifs a, de la façon la plus heureuse et pour leur avantage réciproque, réuni l'histoire de France et celle des États-Unis: et cette action commune n'a pas manqué de laisser dans le cœur des deux nations un sentiment d'estime mutuelle et d'une affection particulière qui les porte à se vouloir toujours du bien.