‹ La Mission Champlain aux États-Unis et au Canada, avril-mai 1912Chapitre 46 sur 66 · SALUT DE L'UNIVERSITE LAVAL A LA FRANCE · texte numérisé non relu

SALUT DE L'UNIVERSITE LAVAL A LA FRANCE

PAR l'abbé GosSELIN

Vous me permettrez bien maintenant d'offrir vos remerciements et votre respectueuse gratitude à nos hôtes de ce soir, aux orateurs si académiques que vous avez entendus, goûtés, applaudis.

J'en suis sûr, l'atmosphère de chaude sympathie qui enveloppe cette salle a déjà persuadé Messieurs les membres de la Délégation française,et en particulier MM. Hanotaux,Lamy et René Bazin, qu'ils sont bien ici chez eux et que nos âmes françaises, les vôtres, Messieurs, qui viennent de la douce France, et les nôtres qui sont nées en terre canadienne, se sont reconnues comme des sœurs et se sont bien comprises.

La sympathie naît d'elle-même par un fraternel attrait. Je suis donc particulièrement heureux d'offrir à nos hôtes, en ma qualité de recteur de l'Université Laval, l'hommage empressé de notre Université française.

(i)Discours prononcé à Québec le 6 mai 1912.

Cette université qui est née du vieux séminaire de Québec et qui portelenomduvénérablefondateurde cette institution, cette université, qui est une création de l'apostolat sacerdotal, est aussi une création de l'àme française.

Le prêtre fut toujours ici le missionnaire infatigable de la France ; et il m'est agréable de dire ce soir à ceux qui viennent de si loin nous apporter Tesprit, le cœur et la langue de la vieille mère-patrie, que l'esprit, le cœur et la langue de la France avec tout ce qu'ils comportent de rigoureuses traditions, de sentiments nobles et d'aspirations nationales, c'est tout ce que l'Université Laval se propose de garder ici et de cultiver avec amour. Elle a reçu ce dépôt du peuple même qui lui confia ce qu'il a de plus précieux : l'âme, l'âmefrançaisede ses enfants.

Permettez-moi de vous assurer, Messieurs les délégués, que l'Université Laval entend bien rester fidèle à sa haute mission et que par elle, dans la mesure de ses forces, continuera toujours de battre en la poitrine de nos étudiants le cœur ardent, continuera toujours de se former en leur esprit la pensée généreuse, continuera toujours de chanter sur leurs lèvres l'harmonieux parler de votre France, disons mieux, de notre ancienne et commune patrie.

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