AVERTISSEMENT V
une ère nouvelle s'est ouverte dans les relations de la France et de l'Amérique du Nord. Les souvenirs ont été réveillés, les espérances ont été suscitées ; l'aube nouvelle d'un idéal commun s'est levée à la fois sur les deux rivages de l'océan.
Il était naturel que le souvenir d'un fait aussi digne de mémoire, d'une action efficace exercée par de simples particuliers, que l'exemple d'union, de lèle, de bonne harmonie et, ajoutons, de bonne camaraderie, donné par les membres de la mission, fussent consacrés et perpétués. D'où la pensée de M. Antoine Girard. Ayant conçu le livre comme un ouvragede bibliophile, il a présidé à sa confection : on y reconnaîtra, sans doute, dans une har77îonie où la note classique se plie aux nécessités de la vie moderne, l'intervention du goût français. « La France », deRodin, dessinée par A. Lepère, dresse sa belle et fière figure sur le frontispice. Les dessins de Cormon développent, au cours des pages, une galerie tout intijne et familière. Les écussons des villes et des États, les vues empruntées aux vieilles estampes et aux paysages modernes, rappellent toutes les étapes du Beau Voyage.
Ainsi, les grandeurs et les gloires, les amitiés et les services sont évoqués. Celivre restera comme unlien déplus entre l'Amérique et la France. Le grand homme que fut Champlain, fils de la France, père du Canada, survit à la fois dans le monument élevé à sa méînoire par les Américains reconnaissants et dans cette œuvre plus fragile — et, qui sait, plus durable — où son nom, à chaque page, est répété.