LA DELEGATION A L'AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS
Le nouvel ambassadeur des États-Unis et M"" Myron T. Herrich ont offert, le 2 5 mai ipi2, un grand déjeuner en l'honneur de la Délégation Champlain auquel assistaient soixante-dix convives environ. L'ambassadeur des Etats-Unis a souhaité en anglais la bienvenue à la délégation par le discours suivant dont nous sommes heureux de reproduire la traduction française :
Le délicat et gracieux hommage fait au peuple des États-Unis par le don du buste représentant la France, que l'élite de la France a pris rinitiative d'offrir à Toccasion du troisième centenairede Champlain, a ranimé de vieux souvenirs et de vieux sentiments, et touché le peuple de notre pays à un point que vous ne pouvez pas bien apprécier sansconnaître notre point de vue. C'est pourquoi je dois vous dire que ces leçons de patriotisme et d'amour du pays, romantiques histoires des vies de George Washington, La Fayette, Rochambeau
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et Benjamin Franklin, et leurs actions nous sont racontées dès notre plus jeune âge : ils sont les chevaliers errants de notre enfance. Quand, enfant, j'apportais sur les genoux de ma mère les images de George Washington et de La Fayette, debout, les mains jointes, et que je lui demandais s'ils étaient frères jumeaux, elle disait: « Ils ne sont pas réellement frères, mais quand, paramitié, ils joignirent leurs mains, cela fit notre pays libre et heureux. » Ainsi, vous voyez que notre admiration et notre amitié pour la France, qui commença en 1778 et a été depuis en augmentant dans toutes nos fibres, est maintenant devenue instinctive chez le peuple américain. Benjamin Franklin, en 1783, disait : « L'union entre ces deux nations est véritablement heureuse et est la solide base de notre importance en Europe. »
Depuis la naissance de notre pays, la France sous l'Empire ou la République, avec n'importe quel parti au pouvoir, a toujours été notre amie. Elle est le seul pays avec lequel nous ayons fait un traité écrit. C'est pourquoi, quand cette délégation Champlain, composée de personnalités parmi les plus distinguées de France, dont les noms ont été longtemps familiers à notre peuple, brava les périls de la mer, pour placer le superbe travail d'art — qui, en dehors des sentiments qu'il représente, est d'une valeur intrinsèque encore inappréciable, puisqu'il fut façonné par la main habile de Rodin, l'artiste appelé à devenir le Michel-Ange de ce siècle — chaque citoyen américain se sentit honoré et fut l'objet d'une délicate attention. M. Hanotaux, dont le talent très divers et le génie, jointsau charme de sa personne, ont causé sa gloire, qui depuis longtemps arriva à notre rivage, était prédestiné pour conduire cette mission comme l'auteur de la vie du grand Richelieu, qui a soutenu et inspiré l'intrépide Champlain.
Cette manifestation en l'honneur de Champlain, qui fut un constructeur d'empire, le premier à pénétrer dans l'intérieursauvage de l'Amérique, contribue à signaler que l'œuvre de la France en collaboration avec l'Amérique, collaboration qui a commencé dans les dernières années du xvn* siècle, a déterminé l'émancipation de la pensée et la création d'idéals plus élevés. Et c'est là un fait qui a servi à rendrel'isolement international impossible, chaque nationcommuniquant avec l'autre, intimement etdépendemment, comme firent les États autrefois.
Les relations et les idéals communs aux hommes se sont généralisés à un point tel que l'isolement de la part d'un gouvernement ne