‹ La Mission Champlain aux États-Unis et au Canada, avril-mai 1912Chapitre 51 sur 66 · M. GASTON DESCHAMPS · texte numérisé non relu

M. GASTON DESCHAMPS

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AUX ÉTATS-UNIS iS;

serait plus possible, puisqu'il ne serait plus en harmonie avec le progrès moderne, dont l'objet est d'apporter la paix et la justice à toutes les nations.

Le fait que nous pouvons communiqueravec un pays et recevoir une réponse après quelques minutes de n'importe quelle partie du monde indique que les nations sont maintenant proches voisines et dépendent les unes des autres et que la pensée la plus puissante est destinée à dominer le monde.

Un idéal général mondial est nécessaire pour la civilisation, un exemple de ce fait est donné au monde, par la valeur delà solidarité qui unit la France et l'Amérique.

Je vous assure donc que les services rendus par cette délégation, dans sa mission romantique et idéale vers l'hémisphère ouest, n'ont pas seulement servi à fortifier l'amitié française et américaine, mais elle a aussi développé un mouvement dans la création d'idéals internationaux, qui sont destinés à influencer, gouverner et diriger à un haut degré la civilisation.

M. Hanotaux a pris ensuite la parole au nom de la délégation. Après avoir remercié l'ambassadeur, il a particulièrement insisté sur le rôle de l'art, moyen d'expression supérieur à tous les autres pour traduire les sentiments communs à tous les peuples dans une langue universellement comprise :

C'est pourquoi la délégation a porté en Amérique l'image — exécutée par un admirable artiste français — de la France notre mère. Cette pensée, ce sentiment, nous pouvions les livrer sans crainte au contrôledesgrandsespritsetaucontrôledesdeuxopinions. La France plaidait elle-même la cause d'amitiéquenous lui confions, la France telle que Rodin l'a comprise et sculptée, la France vaillante et douce, au regard clair et droit, aux joues pleines respirant la santé, au sourire à la fois si fier et si mutin.

C'est à cette France que nous avons fait cortège et c'est à cette France que les États-Unis d'Amérique ont fait un si magnifique accueil.

M. Hanotaux a célébré ensuite avec une éloquence émue la cordialité exquise de l'hospitalité américaine et s'est félicité de ce que les fêtes qui ont accueilli la délégation aient contribué largement à resserrer les liens traditionnels d'amitié entre les deux peuples.

Je voudrais que nos remerciements soientassez vibrants pour être entendus sur les deux continents et pour couvrir de leur écho tout le

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vaste espace des mers qui nous sépare; je voudrais que ma voix lut assez forte pour faire résonner le double rivage atlantique et pour faire connaître partout notre joie et notre fierté au moment de la réception qui nous fut faite là-bas et en présence de la réception qui nous est faite ici.

Je voudrais surtout que les liens nouveauxcrcés par notre mission au monument Champlain fussent assez solides pour consacrer l'amitié indissoluble qui unit les deux Républiques.

Mille souvenirs les attachent dans le passé, rien ne les sépare, ni dans le présent, ni dans l'avenir; elles ont des raisons égales et permanentesdese rechercher etdes'aimer. Vousl'avezdit, Monsieur l'ambassadeur, je ne fais que reprendre vos propres paroles.

Permettez-moi d'espérer que cette formule si justeserasanscesse répétée et qu'elle deviendra le trait d'union ineffaçable entreles deux peuples qui professent le même idéal : l'amélioration indéfinie du sort des hommes par lalibertc.

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