‹ La mission de l'universiteChapitre 2 sur 4 · THE LIBRARY · texte numérisé non relu

THE LIBRARY

The Ontario Institute

for Studies in Education

Toronto, Canada

Allocution de M. Athanase David

« Vous êtes-voiis jamais arrêtés par une belle journée de printemps, sur le bord d'une route, à considérer le pas lent, sûr et méthodique du semeur lançant à pleine main dans le sillon ouvert, la semence ?

(( Avez-vous songé que cet homme est l'exemple frappant de la volonté et de l'énergie que produit la confiance dans l'avenir ?

« Il sait d'une certitude qu'aucun doute n'effleure, que le sol ne refuse pas la moisson à celui que le travail n'effraie pas.

« Semeurs des blés qui lèvent, semeurs d'idées qui germent, s'inspirant tous deux d'un profond amour du pays, sont préparateurs d'avenir.

« Aussi, votre auditoire. Monseigneur, en vous écoutant formulait le vœu que la Providence vous permette, à vous, semeur d'idées qui germeront, de vivre les années magnifiques de l'avenir, que par votre direction l'Université de Montréal assurera à notre peuple.

« Vous voulez que l'Université forme des hommes, et qu'elle augm.ente l'élite intellectuelle que dès aujourd'hui nous nous flattons d'avoir.

« Mission splendide si l'on considère que par une formation éclairée et moralisatrice, vous dirigerez vers le peuple qui la désire fortement trempée, une avantgarde outillée pour les luttes de demain.

« Les connaissances, le savoir des hommes que vous formerez, mis au service de la nation, retiendront l'attention de la foule.

« S'inspirant de l'exemple que vous lui donnez, la jeunesse d'aujourd'hui, les dirigeants de demain, comprendra que ceux à qui le peuple fait confiance ce sont les énergiques.

« L'intellectuel ne peut imprimer sur son temps la marque de son passage que par l'énergie où il puise la formule de commandement qui devient une puissance qui entraîne d'abord, puis qui dirige'.

« Ne faut-il pas, pour que cette formation s'opère, que ceux à qui nous demandons de la créer, puissent se livrer tout entiers à cette œuvi-e ?

« Le jour est-il encore bien lointain où nos professeurs, libérés de tout autre souci, pourront enfin se vouer exclusivement à cette formation de la jeunesse, à son instruction, à son éducation ?

« Nous ne pouvons aujourd'hui leur demander le sacrifice de leur profession ou de leur occupation.

« Souhaitons que leur dévouement reconnu de quelques-uns de nos compatriotes, et ^râce à des générosités nouvelles, ils puissent bientôt devenir professeurs de carrière.

« Monseigneur, vous ne m'en voudrez pas si je me permets d'être indiscret.

« Vous vivez votre rêve, vous qui, il y a maintenant six ou sept ans, me disiez au cours d'une conversation, que vous ne désiriez pas un diocèse, mais que vous atteindriez la limite de votre ambition, le jour oîi l'on vous confierait l'université.

« Monseigneur, nous ne nous contenterons pas de vous en manifester notre satisfaction, ou de demeurer les admirateurs passifs de votre œuvre; chacun de vos auditeurs s'en va ce soir, convaincu de la nécessité du devoir qui s'accomplit, et décidé, l'heure venue, à vous prouver par son action généreuse, la part de responsabilité qu'il désire ardemment assumer.

« Souffrez que, bien modestement, au nom de tous, je vous dise notre gratitude, qu'en vous repose notre confiance et que vous avez toute notre admiration.»

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