‹ La mission du Canada avant Mgr de Laval (1615-1659) [microform]Chapitre 2 sur 39 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les Récollets au Canada. — Leurs pouvoirs.

Six ans s'étaient déjà écoulés depuis que l'illustre et pieux Champlain avait dressé (1608) son « Habitation » au pied du rocher de Québec, et la petite colonie canadienne n'avait pas encore de pasteurs. Ça et là, dans les forêts mystérieuses de la Nouvelle-France découverte par Jacques Cartier (153o), une foule de peuplades sauvages « n'ayant ni foi ni loi, vivant sans Dieu et sans rehgion (2) » , erraient à l'aventure, n'ayant personne pour leur montrer le chemin du ciel.

(J) Jean Nicolet, Jean Bourdon et son ami l'abbé de Saint-Sauveur, Juridiction exercée par l'archevêque de Rouen, passim dans la Revue catholique de Normandie.

(2) Œuvres de Champlain, édition Laverdière, p. 490, pagination inférieure.

« Je jugeai à part moi, dit Ghamplain, que ce serait faire une grande faute, si je ne m'employais à leur préparer quelque moyen pour les faire venir à la connaissance de Dieu. »

Certes, ce n'était pas la bonne volonté \qui avait manqué jusque là au fondateur de QuébecN: les voyages nombreux et les travaux ardus qu'il avait entrepris n'avaient tous qu'un but : « jeter les fondements d'un édifice perpétuel, tant pour la gloire de Dieu, que pour la renommée des Français ». Mais les ressources matérielles nécessaires soit pour la traversée des missionnaires, soit pour leur entretien au pays, lui avaient toujours fait défaut : « il fallait faire une dépense, dit-il, qui eût excédé mon pouvoir ».

Ses appointements annuels comme lieutenant du vice-roi du Canada ne dépassaient pas deux cents écus!

Un jour qu'il était à Paris et songeait aux moyens de réaliser son pieux dessein, — c'était au printemps de 1614, — il rencontre un de ses amis, M. Houel, contrôleur général des salines de Brouage, « homme d'honneur, fort adonné à la piété, doué d'un grand zèle pour la gloire de Dieu et l'augmentation de la religion », et lui fait part de son désir d'avoir des missionnaires pour le Canada, M. Houel, évidemment préparé à cette ouverture, lui indique aussitôt les Pères Récollets, de l'Ordre de saint François d'Assise, comme très propres à l'accomplissement de ses vœux; et il s'offre même « de les assister de tout son pouvoir ». -^

Champlain connaissait depuis longtemps et appréciait les Récollets, car il y en avait à Brouage, sa ville natale. Il accepte avec reconnaissance l'offre de M. Houel; et celui-ci écrit aussitôt au P: du Verger, provincial des Récollets de la province de l'Immaculée-Conception.

L'idée d'établir une mission au Canada sourit au P. du Verger; et il met immédiatement deux de ses Religieux à la disposition du fondateur de Québec. Ceux-ci arrivent à Paris, puis, avec Champlain et M. Houel, vont tout droit au Nonce du Pape pour lui demander les pouvoirs nécessaires pour leur mission. Mais « le Nonce leur témoigna, dit le P. Chrétien Leclerc, qu'il n'avait pas l'autorité de leur expédier ces pouvoirs, et qu'il fallait écrire à Rome au procureur de l'Ordre, afin de les obtenir de Sa Sainteté (1) ».

(1) Premier établissement de la foi dans la Nouvelle-France, par le Père Chrétien Leclerc, missionnaire Récollet. Paris, 1691. ■

La saison était avancée; l'époque du départ des vaisseaux approchait; il ne restait pas assez de temps pour entrer en négociation à Rome avec le général des Franciscains, Nos deux Religieux « craignant, dit Ghamplain, que le simple pouvoir qu'ils avaient reçu de leur provincial ne fût assez authentique î, renoncèrent au voyage du Canada, et rentrèrent tout simplement dans leur couvent de Brouage.

Qui n'admirerait ici la prudence et la délicatesse de ces bons Religieux Franciscains au sujet de la juridiction apostolique, source de toute autorité pour le gouvernement des âmes?

Le projet d'établir une mission canadienne était trop beau et trop noble pour ne pas enflammer d'un saint zèle les âmes généreuses : il fut repris bientôt, et cette fois par les Récollets de la province de Saint-Denis, à la sollicitation de M. Houel, qui alla voir à ce sujet leur provincial, le P. Jacques Garnier de Ghapoin. C'était dans l'automne de 1614; Louis XIII venait d'entrer dans sa majorité; les Etats généraux étaient en session à Paris, aux Augustins : le P. Chapoin s'y rendit pour y rencontrer le prince de Condé, vice-roi du Canada, ainsi que les cardinaux et les évèques de France. Tous approuvèrent sa résolution d'entreprendre la mission du Canada, et promirent généreusement leur concours.

î Mais comme la chose était d'importance, dit Sagard, et qu'elle ne pouvait être bien faite que par les voies ordinaires et bienséantes aux Religieux de l'Ordre de saint François, nous eiàmes recours à Sa Sainteté pour en avoir les permissions nécessaires, et le Souverain Pontife Paul V, agréant notre zèle, en écrivit à son Nonce résidant en cour de France, duquel nos Religieux destinés pour la mission reçurent, avec sa bénédiction, une permission verbale d'aller dans les terres infidèles et canadiennes pour travailler à leur conversion (1). »

De son côté, Champlain, ravi de voir son pieux dessein à la veille de se réaliser, se rend lui-même aux États généraux, pour intéresser les députés des trois Ordres de la France au succès de la mission canadienne :

« Je fus trouver aux États, dit-il, nos Seigneurs les Cardinaux

(4) Histoire du Canada, par le Prère Gabriel Sagard Théodat, mineur Récollet de la province de Paris. Edition Tross. Paris, 4865.

et Évêques pour les supplier et émouvoir à donner, et faire donner à autres qui pourraient y être émulés par leur exemple, quelques aumônes, remettant le tout à leur volonté et discrétion.

« Les aumônes qu'on amassa pour fournir aux frais du voyage, se montèrent à près de quinze cents livres, qui furent mis entre mes mains, et dès lors employés, de l'avis et en présence des Pères, en la dépense et achat des choses nécessaires, tant pour la nourriture des missionnaires qui feraient le voyage, que pour habits, linges et ornements qui leur étaient de besoin pour le service divin... »

Notons ce premier présent fait à l'Église du Canada : il lui vient de la France entière, représentée aux États généraux de 1614, les derniers qui eurent lieu avant ceux qui précédèrent immédiatement la Révolution.

Notons aussi la sollicitude admirable apportée par Ghamplain au berceau de notre Église :

« On peut avec justice, écrit Chrétien Leclerc, l'appeler le Père et le Fondateur de cette nouvelle colonie, ayant tout sacrifié pour son établissement. »

Et l'abbé Verreau : « Quand nous disons que Ghamplain est le Père de la patrie, écrit-il, nous ne considérons ordinairement que l'ordre temporel ou politique: mais nous devons reconnaître qu'il est aussi le père de notre jeune pays dans l'ordre moral et religieux. Champlain s'est trouvé à la hauteur de cette double lâche. A l'Église il a ouvert de vastes contrées dont elle a pris possession; à la France il a donné une colonie qui aurait pu être sa force et qui est au moins une de ses gloires (1) ».

Inutile d'ajouter qu'au nom de Champlain est inséparablement uni celui de M. Houel dans l'établissement de la mission du Canada.

Voici les noms des quatre premiers Récollets qui furent désignés et choisis par le provincial de Saint-Denis pour inaugurer cette mission : les Pères Denis Jaraay, Jean Dolbeau, Joseph Le Garon, et le Frère lai Pacifique du Plessis. Ces noms méritent d'être inscrits en lettres d'or au frontispice de notre histoire. Le P. Denis était le chef ou commissaire de la mission. Il repassa en France l'année suivante, et fut remplacé comme supérieur de la mission par le P. Joseph.

(d) Mémoires de la Société Royale du Canada, t. II. p. 67.

Nos missionnaires n'eurent d'abord, pour commencer leurs travaux apostoliques, qu'une permission verbale, obtenue du Saint- Siège, comme nous l'avons vu, par Tenlremise du Nonce à la cour de France, Robert Ubaldini. Mais au bout de trois ans, après qu'ils eurent donné des preuves de leur zèle et montré que la conversion des sauvages était chose possible, le roi de France, Louis XIII, pria le Souverain Pontife de donner à la mission du Canada des bases plus solides.

La Propagande, chargée des pays infidèles,'n'existait pas encore : elle ne fut créée qu'en 1622, par le pape Grégoire XV.

Le Souverain Pontife Paul V (1), accueillant favorablement la prière de Louis XIII, institua son nouveau Nonce à Paris, Bentivoglio, commissaire apostolique pour les missions canadiennes, et celui-ci donna alors au . provincial des Récollets de la province Saint-Denis un Bref, par lequel il le nommait Préfet de la mission du Canada, avec le privilègeexclusif d'y envoyer des missionnaires, et tous les pouvoirs nécessaires pour la conversion des infidèles et l'administration des Sacrements.

Ce document, donné au nom du Saint-Siège, est daté de Paris, le 20 mars 1618 : c'est le premier anneau de cette chaîne authentique et solide qui relie l'Église du Canada à la Chaire de saint Pierre.

Le même jour, le roi de France donna aux RécoUels des Lettres patentes, datées de Saint-Germain-en-Laye, confirmant leur établissement au Canada et leur assurant l'appui de l'autorité séculière.

Ces deux documents ont une valeur inappréciable : l'Église et l'État, dont ils émanent, se donnent la main, pour ainsi dire, au berceau de notre patrie, pour travailler de concert à y établir le règne de Dieu. L'État promet à l'Église sa protection : voilà l'idéal d'une société vraiment chrétienne. C'est cet idéal, c'est cet engagement de l'État envers l'Église que le premier évêque de Québec aura en vue plus tard, lorsqu'il réclamera énergiquement le secours du bras séculier pour l'appui de sa juridiction, pour la destruction du tléau de la traite de l'eau-de-vie, pour l'établissement de la dîme (2).

(1) Il était romain, de l'illustre famille Borghese.

(2) Vie de Ms^' de Laval, passim.

Yoici le Bref de Bentivoglio aux Récollets : il est adressé au P. Joseph Le Garon, qui a remplacé le P. Denis Jamay comme supérieur de la mission du Canada :

« Guy Bentivoglio, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, archevêque de Rhodes, Nonce de Sa Sainteté le Pape Paul Y auprès de Sa Majesté très chrétienne Louis XIII, roi de France et de Navarre, nommé spécialement par le même Pape Paul V juge ou commissaire pour les missions canadiennes :

« A notre cher et vénérable Père, le Frère Joseph Le Caron, prêtre, religieux profès Récollet de l'Ordre de saint François, et autres Pères Récollets, ayant reçu l'ordre de la prêtrise, et approuvés par l'Ordinaire pour entendre les confessions, qui sont sur le point d'être envoyés dans les pays infidèles par leur Père Provincial, pour la conversion des payens à la foi catholique, ou que le dit P, Le Garon pourra s'adjoindre, avec la permission du dit Provincial,

î Salut et affection sincère en Notre-Seigneur.

« Le Révérendissime archevêque, comte de Lyon, ambassadeur de Sa Majesté très chrétienne auprès du Saint-Siège (1), ayant demandé à Sa Sainteté de vouloir bien permettre au Provincial des Récollets de l'Ordre de saint François d'envoyer quelques Religieux de son Ordre propager la foi catholique dans les pays infidèles, et Sa Sainteté ayant bien voulu nous charger d'accorder les facultés nécessaires pour cette mission si méritoire;

« En vertu de l'autorité et de la permission du Saint-Siège, nous avons accordé et nous accordons à votre Père Provincial, et à vous, députés par lui dans la dite mission, les facultés suivantes, dont vous pourrez user là seulement oii il n'y aura pas d'autres missionnaires revêtus de pouvoirs semblables, et tant que vous. Frère Joseph Le Caron, et vos compagnons, demeurerez dans la dite mission : savoir :

a D'admettre à la foi catholique, en observant les conditions voulues, les infidèles et tous ceux qui voudront se faire chrétiens: de les baptiser, même en dehors des églises, en cas de nécessité; d'entendre les confessions; d'absoudre au for intérieur de toutes sentences d'excommunication et de toutes censures ou peines

(1) Denis Simon de Marquemont, envoyé à Rome en mission extraordinaire, après l'assassinat du maréchal d'Ancre.

ecclésiastiques, de n'importe quels crimes, forfaits ou délits, même ceux réservés au Siège apostolique, ou désignés dans la Bulle In Cœnd Dni, ayant soin d'imposer aux coupables une pénitence salutaire proportionnée à leurs fautes; d'administrer les Sacrements d'Eucharistie, de Mariage et d'Extrême-Onction; de faire les bénédictions réservées qui ne requièrent pas l'onction du saint Chrême; d'accorder des dispenses d'empêchements de mariage de tout degré, excepté le premier et le second; de jouir enfin du privilège de l'autel portatif, et d'y célébrer la sainte messe dans des lieux convenables, là où il n'y a pas d'églises.

<t En foi de quoi Donné à Paris le 20 mars 1618. (Signé)

G., archevêque de Rhodes, nonce apostolique. (Contre- signé) Thomas Gallot, notaire public; Louis Savanutius, auditeur (1). »

Yoici maintenant les Lettres patentes de Louis XIII aux Récollets : qui n'admirerait la piété filiale du bon Roi envers l'Église, son estime pour les Ordres religieux et pour leur enseignement?

« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

« Les feu Rois nos prédécesseurs se sont acquis le titre et qualité de Très-Chrétien en procurant l'exaltation de la sainte foi catholique, apostolique et romaine, et en la défendant de toutes oppressions, maintenant les ecclésiastiques en leurs droits, et recevant en leur Royaume tous les Ordres des Religieux, qui, avec une grande pureté de vie, se mettaient à enseigner les peuples et les endoctriner tant de vive voix que par exemple; et soit ainsi que nous soyons rempli d'un extrême désir de nous maintenir et conserver le dit titre de Très-Chrétien, comme le plus riche fleuron de notre couronne, et avec lequel nous espérons que toutes nos actions prospéreront, voulant non seulement imiter en tout ce qui nous sera possible nos dits prédécesseurs, mais même les surpasser en désir d'étabhr la dite Foi catholique, et icelle faire annoncer es terres lointaines, barbares et étrangères, où le saint Nom de Dieu n'est point invoqué;

« Notre très cher et dévot orateur, le Père Provincial de la Province de Saint-Denis en France, des Religieux de Saint-François de l'étroite observance, vulgairement appelés Récollets, se soit ci-

(1) Chrétien Leclerc, Premier établissement de la Foi, p. 37.

devant, et en secondant nos désirs, offert d'envoyer es pays du Canada des Religieux du dit Ordre, pour y prêclier le saint Évangile, et assurer à la sainte Foi les âmes des habitants du dit pays, qui sont errantes et vagabondes dans leurs fantaisies, n'ayant aucune connaissance du vrai Dieu, et à cet effet y en ayant envoyé nombre, leur labeur, par la grâce de Dieu, n'aurait point été inutile, au contraire quelques-uns des dits habitants du Canada reconnaissant leur vieil erreur ont embrassé avec ardeur la sainte Foi, et y ont reçu le saint Baptême, nouvelle qui nous a été aussi agréable. qu'aucune qui nous peut arriver, et ne reste à présent qu'à affermir ce qui a été commencé par les dits Religieux, ce qui ne peut mieux être qu'en permettant aux dits Religieux de continuer, ensemble de s'habituer au dit pays, et y bâtir autant de couvents qu'ils jugeront être nécessaires selon les temps et lieux, tous lesquels couvents, monastères et Religieux seront sous l'obédience du dit Père Provincial de la Province de Saint-Denis en France, et non d'autres, et ce pour empêcher toute confusion qui pourrait survenir si chaque Religieux, à son premier mouvement, se portait de passer au dit pays de Canada, à quoi désirant remédier pour l'avenir, nous avons dit et déclaré, disons et déclarons par ces présentes, signées de notre main, notre intention et volonté être que le Père Provincial de la Province de Saint-Denis en France seul puisse et lui soit loisible d'envoyer au dit pays de Canada autant de ses Religieux Récollets qu'il jugera être nécessaire, et quand bon lui semblera, auxquels Religieux Récollets nous avons permis et permettons par ces dites présentes de s'habituer au dit pays de Canada, et y faire construire et bâtir un ou plusieurs couvents ou monastères selon et ainsi qu'ils jugeront être à faire, et auquel pays de Canada aucuns autres Religieux Récollets ne pourront aller, si ce n'est par l'obédience qui leur sera donnée par le dit Provincial de la dite Province de Saint-Denis en France, et ce afin d'éviter toute dissension qui pourrait survenir, fait défense à tous les maîtres des ports et havres de permettre qu'aucun Religieux de l'Ordre de Saint-François s'embarque pour passer et aller au dit pays de Canada, sinon sous l'obédience du dit Provincial et de celui qu'il commettra pour supérieur; et en témoignant plus particulièrement notre affection envers les dits Religieux, nous avons iceux, ensemble leurs couvents et monastères, pris en notre protection et sauvegarde.

« Si donnons en mandement à notre très cher et ami cousin le sieur de Montmorency, admirai de France, ou ses lieutenants sur tous les ports et havres de notre Royaume, et à tous nos autres justiciers et officiers qu'il appartiendra, que le contenu ci-dessus ils aient à faire garder et observer de point en point selon sa forme et teneur, et faire publier ces présentes par tous les ports et havres, et lieux de leur juridiction, sans permettre qu'il y soit contrevenu.

« Mandons en outre à notre Yice-Roi de Canada, ses lieutenants ou autres nos officiers des lieux, qu'ils aient à maintenir les dits Religieux Récollets de la dite Province de Saint-Denis en France au dit pays, sans qu'ils y en puissent recevoir aucuns qui n'aient l'obédience du dit Provincial de la Province de France, tenant au surplus la main à l'exécution de notre volonté, nonobstant quelconques Lettres à ce contraires, auxquelles nous avons dérogé et dérogeons par ces dites présentes. Car tel est notre plaisir.

« En témoignage de quoi nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes.

« Donné à Saint-Germain-en-Laye le mois de mars 1618 (1). »

11 est facile de remarquer dans ces Lettres le soin avec lequel le Roi insiste sur le droit exclusif du Provincial des Récollets d'envoyer des missionnaires à la Nouvelle-France : il veut « empêcher toute confusion qui pourrait survenir, si chaque Religieux, à son premier mouvement, se portait de passer au Canada ». Puis il ne se contente pas de recommander les missionnaires à l'amiral de France, le duc de Montmorency, et au vice-roi du Canada, le prince de Condé, mais il les prend lui-même, eux et leurs monastères, sous sa protection, voulant à tout prix mériter son titre de Roi Très-Chrétien.

(J) Chrélien Leclerc, Premier établissement de la Foi, p. 44.

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