‹ La mission du Canada avant Mgr de Laval (1615-1659) [microform]Chapitre 22 sur 39 · VI. — Le p. Le Garon · texte numérisé non relu

VI. — Le p. Le Garon

« Le P. Joseph Le Garon, Récollet de Paris, a été le véritable apôtre du pays, sur lequel a roulé la conduite spirituelle de la mission depuis 1615 jusqu'à 1629... (3). »

VIL — Parkman et nos Missionnaires (p. 23 et passim).

On a pu voir, en parcourant cet ouvrage, avec quel soin nos missionnaires, récollets ou jésuites, s'appliquaient à bien instruire les sauvages, avant de leur conférer le saint baptême. Ils étaient si sévères sur ce point que l'un d'eux se demandait un jour s'ils

(i) Relations des Jésuites. 1637, p. 75.

(2) Ibid., 1663, p. 28.

(3) Chrétien Leclerc, Premier établissement de la Foi, t. II, p. 55.

ne l'avaient pas été un peu trop (1). Et cependant voici ce que l'historien protestant Parkman ne craint pas d'écrire :

« Quant à l'œuvre des missions, et à l'influence politique qui pouvait en résulter, les Français avaient tout l'avantage sur leurs rivaux, le zèle de ceux-ci pour la conversion des sauvages n'étant point excité par le fanatisme ni encouragé par un gouvernement ambitieux. Eliot se contentait de trai^-ailler dans les environs de Boston, pendant que l'héroïque Brébœuf affrontait les dangers affreux des pays sauvages de l'ouest; et quant aux courses apostoliques de Brainard, elles ne sont rien en comparaison de celles du zéié Père Rasle. Mais pour juger le mérite relatif des missionnaires catholiques (Romish!) et des missionnaires protestants, on ne doit pas oublier que, tandis que les premiers se contentaient de répandre quelques gouttes d'eau sur le front de leurs prosélytes, les missionnaires protestants s'efforçaient de les arracher à la barbarie, et de leur inculquer les vérités du christianisme (2). »

Est-il besoin de faire ressortir l'injustice de ce passage? N'y a-t-il pas lieu de rappeler ici le fameux : Li caudâ venenum? Pourquoi faut-il que le fanatisme protestant perce à travers les plus belles pages de cet historien? On ne peut se lasser d'admirer l'éclat, la limpidité et la magie de son style. Il est forcé lui-même, en maints endroits, de reconnaître le zèle, l'héroïsme de nos missionnaires, de nos religieuses, de nos martyrs. Mais alors même qu'il nous fait des éloges, ayons bien soin d'avoir toujours à l'esprit le vers du poète :

« ...Timeo Danaos et dona fer entes y).

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