CHAPITRE XIII
magne l'arbitre de la situation en Europe.
" Ce travail se voit clans -ce qui se passe en cie moment pour les mesures à prendre en commun contre le parti révolutionnaire international qui, encouragé par les succès du nihilisme, ne cesse de s'affirmer, comme dans la réunion qui a eu lieu au château de Weder, en Suisse. »
En terminant ce suggestif exposé de la politique de Berlin, Ghanzy en tirait cette conclusion, que la France ne devait rien « négliger pour retenir de notre côté " le tsar Alexandre.
Il est douteux que le vieil empereur d'Allemagne, dont Bismarck évitait volontiers de prendre les avis quand il n'y était pas obligé, se fût inféodé à cette politique et même qu'il eût eu connaissance des plans d'hégémonie formés par le chancelier contre la Paissie et la France. Il était sous le coup du meurtre dont son neveu avait été victime, forfait abominable qui
lui rappelait que deux ansav^ant, lui-même avait failli périr sous le fer d'un assassin. Il ne dissimulait ni son effroi ni sa douleur. Au service funèbre célébré à Berlin en mémoire du défunt, on le vit serrer la main de Saint-Vallier et on l'entendit soupirer :
« Plaignez-moi, c'est la plus cruelle douleur de ma vie et je tremble des conséquences que peut avoir pour l'Europe entière le meurtre de ce souverain qui a affranchi les serfs et toujours cherché à améliorer le sort de ses sujets. Quelle récompense! »