CHAPITRE XIV
pour son pays que celle d'un prince. « Un Beaconsfield, un Gladstone, un Gortschakoff, un Bismarck ont, dans leur pays, une situation plus considérable qu'un duc de Cambridge, qu'un Georges de Prusse, que la plupart des grands-ducs de Russie.
C'est plus vrai encore pour les Républiques où le chef de l'État peut n'être pas toujours le personnage dirigeant de la politique active. Le président du Conseil, les ministres pourraient être plus particulièrement visés par les passions révolutionnaires. N'avait-on pas découvert lors du Congrès de Berlin un complot ourdi par les nihilistes contre les plénipotentiaires afin de faire disparaître Bismarck, Beaconsfield, Gortschakoff et Andrassy? Il serait donc aussi nécessaire qu'équitable de comprendre les hommes de cette importance dans la clause de l'assimilation de l'assassinat politique au crime de droit commun. » De ces propos le comte de Saint-
240 MISSIO]N DU C^e dE SAINT-V ALLIER
Vallier tirait cette conclusion cju'en somme le prince de Bismarck ne désapprouvait pas plus les mobiles du projet russe que les vues autocratiques du nouveau tsar et qu'il s'agissait seulement de les adapter aux nécessités intérieures de chaque gouvernement. « En ces circonstances, ajoutait l'ambassadeur, le rôle de la France doit consister à rester sur la réserve en observant avec soin la partie politique qui semble devoir se jouer entre le chancelier de Berlin et le gouvernement russe. »
C'était aussi l'opinion du général Chanzy, mais les détails qui viennent d'être résumés , démontraient qu'il se trompait lorsqu'il écrivait à son gouvernement que c'était le chancelier qui a^ait fait conseiller à Alexandre III de provoquer la réunion d'une conférence et qu'il s'efforcerait de la faire aboutir avec l'espoir qu'il en résulterait quelque désagrément pour la nation française. Le langage qu'il avait tenu à