CHAPITRE XIV
communiquer la sienne au prince de Bismarck et de lui dire qu'il lui soumettrait sous peu une contre-proposition avec l'espoir qu'il l'approuverait et la défendrait à Saint-Pétersbourg. On était en train d'en rédiger le texte et on se hâterait de le lui faire parvenir.
L'approbation du chancelier fut telle qu'on pouvait la désirer; il la donna de la manière la plus formelle.
" Mais, conseilla-t-il à Saint-VaUier, qu'on fasse vite pour ne pas tenir en éveil l'orgueil russe qui s'offensera peut-être qu'on substitue une autre idée à la sienne et dans ce cas pourrait répondre par un refus. On lui prouvera ainsi qu'on veut lui donner satisfaction dans la mesure du possible ; on apaisera sa vanité en attribuant au projet de Giers le mérite d'avoir provoqué un échange de vues pouvant conduire à la conclusion de traités d'extradition, rassurants pour tous les États. On
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l'amènera ainsi à abandonner son plan de conférence dont, je le sais, il commence à prévoir l'insuccès. J'attends le texte que vous m'annoncez et qui selon moi doit avoir pour base l'application internationale du code pénal français, qui répond parfaitement aux besoins de la société européenne. »
Après avoir exprimé son opinion, il y revenait le lendemain par l'intermédiaire de l'un des fonctionnaires de la chancellerie. Il le chargeait de faire remarquer à Saint-VaUier que dans les derniers traités d'extradition conclus par la France et notamment dans celui qu'elle avait signé en 1877 avec le Danemark, on n'avait compris comme assimilés au crime de droit commun que les attentats commis contre le souverain et les membres de sa famille. C'était à son sens une limitation un peu étroite, car il y a des Etats où la vie d'un homme politique considérable est d'un plus grand prix