CHAPITRE XY
publique française et dans la pensée d'Alexandre III elle serait un moyen efficace de briser le nihilisme.
Au lendemain du trépas de son père, il avait formellement déclaré qu'il continuerait la politique de celui-ci.
« Ne changez rien aux ordres qu'il vous a donnés avant de mourir, " avait-il répondu à son ministre Loris Mélikoff qui lui demandait ses instructions.
Mais dans son manifeste d'avènement, cette intention n'apparaissait plus qu'accompagnée de paroles qui semblaient la démentir. La politique d'Alexandre II s'était inspirée visiblement du désir d'améliorer le sort de ses sujets par des mesures libérales dont quelques-unes avaient été déjà mises à exécution. Or, dans le message que son fils adressait au peuple russe en montant sur le trône, il était dit textuellement « qu'il maintiendrait l'autocratie » et aurait recours à une politique de compres-
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sion. C'est à l'occasion de ce manifeste qu'on voit Bismarck se livrer aux critiques dont il était coutumier pour les actes d' autrui.
« Ce manifeste serait bon s'il était complet, mais il y a une lacune grave et que je regrette. Le tsar a bien fait d'affirmer son pouvoir autocratique et la volonté de tenir d'une main ferme le gouvernement de son empire. Mais ses déclarations autoritaires et compressives appelaient une contrepartie, des promesses de réformes dont quelques-unes sont nécessaires et même urgentes et qu'il aurait fallu promettre pour l'avenir comn'ie des récompenses qu'il accorderait peu à peu lorsque ses sujets auraient su les mériter pur leur calme, leur obéissance et leur attacbement. Le tsar est inexpérimenté ; il ne connaît pas les bommes. Il ne comprend pas qu'il est essentiel de placer toujours comme un appât la récompense en regard du cbâti-