‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 128 sur 161 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

République nous agrée. Dans la monarchie, nous aurions une menace de guerre. S'ils nous attaquent, nous nous défendrons. Il se pourrait même que nous les attaquions si la monarchie nous parait menaçante. »

Depuis longtemps, Saint-Vallier connaissait ces dispositions; ne les ignorant pas, il ne s'en étonnait plus. Elles n'en étaient pas moins affligeantes pour un bon Français tel que lui. Condamné à s'en contenter faute de mieux, il se résignait en. restant sur le qui-vive, toujours préoccupé de ne pas se méprendre à ce qu'elles présentaient de favorable à la politique française et surtout à en tirer parti au profit de son pays,

Dans cette attitude de l'ambassadeur où l'art du comédien égale celui du diplomate, il faut voir une preuve du patriotisme qui parlait toujours si haut dans sou cœur et qui se manifeste à tout instant dans

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son langage. Un jour, c'est à propos du mariage d'un officier français, qui doit être célébré à Sainte-Marie-aux-Mines. Ses camarades de bataillon ont obtenu des autorités allemandes d'assister en uniforme à la cérémonie et à la soirée qui doit suivre. S aint-V allier écrit à ce sujet :

« Je regrette de voir des officiers français revêtir leur uniforme avec la permission d'un commandant allemand dans une ville hier française, aujourd'hui sous le joug étranger. Je suis surpris qu'ils n'éprouvent pas le sentiment d'humiliation qu'excite en moi l'idée que l'uniforme français va reparaître pour la première fois à Sainte-Marie-aux-Mines, dans une soirée, grâce à la tolérance d'un officier allemand. Il eût été plus digne de s'en abstenir. "

Une autre fois, un de ses subordonnés ayant assisté en uniforme, à Munich, aux obsèques du général von der Thann, l'am-

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