CHAPITRE XV
Mexions mélancoliques révélaient clans l'âme de l'ambassadeur un excès de pessimisme, mais il convient de rappeler qu'il était péniblement impressionné par ce qui se passait en Alsace-Lorraine, où le régime nouveau auquel ces provinces étaient soumises semblait porter d'beureux fruits au profit des Allemands, et par les difficultés qu'il éprouvait à obtenir satisfaction sur certains faits au sujet desquels il avait réclamé par ordre de son gouvernement comme, par exemple, la question des compagnies d'assurances françaises soulevée en Alsace par le gouvernement impérial.
Lorsqu'elles avaient été menacées d'expulsion, il était intervenu pour faire valoir les causes qui légitimaient leur maintien ; mais on ne lui avait même pas répondu et il se plaignait de se heurter à un parti pris évident de gagner du temps pour aboutir à une fin de non-recevoir.
Assurément, il ne pouvait mettre en
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doute le bon vouloir du prince de Bismarck, toujours disposé à favoriser notre politique extérieure, mais de plus en plus il en constatait le mobile; il eût fallu être aveugle pour ne pas comprendre que ce bon voulyir était dû non à la bienveillance, mais uniquement à l'intérêt. C'était toujours le même système qu'un an plus tard, à l'occasion des conflits diplomatiques qui s'étaient élevés entre le cabinet de Paris et le cabinet de Saint-James, le chancelier exposait au prince de Holenlobe.
« jNous n'avons pas à nous inquiéter si les locomotives françaises et anglaises entrent quelque part en collision. Nous en restons à notre attitude bienveillante, nous ignorons les aboiements des chauvins et déclarons aux Français que nous ne les menacerons en aucune circonstance, même si les calamités fondaient sur eux, tant qu'ils se détourneront du Rhin. Partout ailleurs, qu'ils suivent leur bon plaisir. La