CHAPITRE XVI
" Je ne l'avais jamais invité, mais au mariage du prince Guillaume, il m'a fait des avances et manifesté des sentiments pacifiques; je n'avais donc pas de raisons pour ne pas l'inviter. »
Quelques semaines plus tard, le comte de Hatzfeld qui était ambassadeur à Constantinople est nommé ministre des Affaires étrangères et Saint-Vallier retrouve à la Wilhelmstrasse la bienveillance dont il n'a jamais cessé d'y être l'objet. Tout serait pour le mieux, au moins en apparence, si le langage de la presse allemande ne venait souvent lui rappeler qu'il est en pays ennemi. Elle le lui rappelle en toute occasion et avec plus d'âpreté au mois d'août 1881 en relevant le passage d'un récent discours de Gambetta relatif à l' Alsace- Lorraine. Elle fait ressortir « que cet homme, maître de la France, cherche toujours à raviver la blessure au lieu de la cicatriser » . Pour couper court à de telles
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manifestations, elle conseille l'annexion de l'Alsace au grand-duché de Bade. Cet article a-t-il été inspiré par le gouvernement ou faut-il n'en imputer la responsabilité qu'à l'auteur, Saint-Vallier l'ignore, mais il est trop accoutumé à ces coups de colère pour s'en émouvoir et après une visite à Hatzfeld, il écrit : « Ce n'est pas sérieux. » C'est à travers cette succession d'incidents contradictoires et qui, pour tout autre que pour lui, seraient déconcertants qu'il poursuivra jusqu'au bout sa mission, ayant toujours en vue le but qu'il s'est proposé et que vise comme lui le général Chanzy. Dans un rapport du général daté de Saint-Pétersbourg, on lit : " Il dépend de nous, de notre sagesse, de notre politique intérieure, de nous réserver en Europe un terrain ouvert et favorable aux alliances qu'il pourrait être plus tard de notre intérêt de contracter. Si nous savons à la fois demeurer fidèles à notre ligne