‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 132 sur 161 · CHAPITRE XYI 25T · texte numérisé non relu

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pacifique et modérée à l'égard de l'étranger et maintenir dans notre pays un ordre de choses assez ferme, assez fort contre les revendications radicales pour ne pas effrayer l'Europe, nous pouvons envisager l'avenir sans inquiétude et être certains qu'il nous réserve des dédommagements dont l'heure viendra en sachant r attendre. » Paroles prophétiques auxquelles Saint- Vallier s'associait sans avoir la même confiance que son illustre collègue dans l'avenir heureux qu'entrevoyait celui-ci. On sait que le représentant de la France à Berhn, partageant les idées de Waddington, ne croyait pas à la possibilité d'une alliance franco-russe. Il restait convaincu que de plus en plus le nouveau tsar subirait l'influence allemande et qu'en tout cas, menacé par les entreprises révolutionnaires, disposé à accuser la France de les avoir fomentées ou tout au moins favorisées par la contagion de l'exemple, il

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renoncerait à toute velléité de se rapprocher d'elle.

La conviction de Saint-Vallier se fortifiait au spectacle du trouble profond qui régnait dans les régions gouvernementales russes. Le comte Loris Mélikoff venait de quitter le pouvoir pour ne pas s'associer à la politique nettement réactionnaire dans laquelle s'engageait le successeur d'Alexandre IL 11 était remplacé, au ministère de l'Intérieur qu'il abandonnait, par le général Ignatieff, ambassadeur de Russie à Constantinople, considéré dans le monde diplomatique comme plus ardent qu'habile dans l'exécution de ses projets et comme partisan d'une pohtique uniquement autoritaire. Son arrivée était accueillie avec défiance, éveillait des inquiétudes. Saint- Vallier le constatait avec une sévérité peutêtre excessive, témoignage de son peu de sympathie pour le principal négociateur de ce traité de San Stefano qu'avait revisé au

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