CHAPITRE XYII
Emmanuel, elle n'avait qu'à en exprimer en termes précis la formelle intention. On répondrait sans retard à ce désir.
C'est à Viemie que ces choses étaient dites, mais elles l'étaient avec le consentement de Berlin qui, poursersir son alliée, les ratifiait en im langage encore plus précis. Oui, l'Italie pourrait trouver l'appui qu'elle recherchait, mais à la condition de renoncer à toute action irrédentiste, à toute pensée de conquête du côté de Trieste et du Trentin. Il fallait encore qu'elle s'abstînt de toute opposition à la politique de la France en Afrique. Le problème méditerranéen n'était pas encore résolu et elle ne pouvait espérer aucune promesse sur ce terrain ni de BerUn ni de Vienne.
L'Italie acceptait ces conditions et quelles que pussent être, lorsqu'elle y donnait son assentiment, les arrière-pensées de Bismarck, il déclarait que " les démarches du gouvernement italien étaient
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un ga^e de paix pour l'Europe et assuraient le maintien des situations acquises. La France n'a rien à y perdre. »
Croyait-il si bien dire et se doutait-il qu'un jour viendrait où notre sœur latine tiendrait à honneur de prouver au monde que, quoique alliée à l'Allemagne, elle ne fermait pas l'oreille à la voix du sang et laissait cette voix évocatrice parler plus haut en elle que le souvenir de rivalités éteintes aujourd'hui? En s'inféodant à l'alliance austro-allemande, elle avait poursuivi un but purement défensif, comme le fit, l'année suivante, la Roumanie, que le traité qu'en 1883 elle avait conclu avec Berlin n'empêcha pas, en 1914, de refuser de marcher avec les ennemis de la France et en 1916 de se ranger résolument parmi les défenseurs de la justice et du droit.
Au cours des incidents que nous rappelons, Alexandre III n'avait pas encore eu raison des hésitations qu'avait révélées sa