CHAPITRE XVIII
capacités de gouvernant, affirmées par ses partisans et niées par ses adversaires.
L'éventualité de son arrivée au pouvoir donnait lieu dans la presse étrangère à des polémiques révélatrices de la diversité des opinions : " Ce sera la guerre », disaient les uns; " ce sera la consolidation de la paix » , disaient les autres. Les élections qui eurent lieu en France, le 4 août, pour le renouvellement de la Chambre des députés parurent devoir donner raison aux optimistes. Ils alléguaient que si le nouveau parlement s'annonçait comme plus avancé que l'ancien dans ses aspirations et ses projets, c'est néanmoins aux modérés qu'appartenait la majorité.
A Berlin, et au moins en apparence, le résultat électoral n'était pas interprété avec moins d'optimisme. Sans doute Gambetta synthétisait l'idée de revanche et le désir de reprendre l'Alsace et la Lorraine ; mais il serait contenu par le président
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Grévy qu'on savait résolu à répudier toute idée belliqueuse; il l'avait amplement prouvé depuis qu'il résidait à l'Elysée. Les journaux officieux inspirés par Bismarck déclaraient que l'Europe devait se réjouir des choix qu'avaient faits les électeurs français. Ces choix voulaient dire « à l'extérieur affermissement de la paix et à l'intérieur le développement paisible et continu des intérêts du pays » .
Mais ces déclarations ne dissimulaient qu'imparfaitement les inquiétudes des souverains qui formaient, disait l'un d'eux, le roi de "Suède, une grande famille. Ces inquiétudes, Saint-Vallier les constata le 3 octobre à Carlsruhe où plusieurs princes et princesses se trouvaient réunis à l'occasion du mariage du prince royal de Suède avec la princesse Victoria de Bade; dans ce milieu, on lui tint le langage le plus pessimiste. Quelques jours avant, il s'était rendu de Berlin dans le grand-duché pour