‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 144 sur 161 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

souhaiter la fête de l'impératrice Augusta qui se trouvait chez sa fille. A la promenade, l'empereur Guillaume l'ayaot aperçu vint à lui, le remercia de sa courtoise attention et lui dit qu'il voulait le revoir. Il le reçut le surlendemain, et après de nouveaux remerciements, il l'entretint des conséquences des dernières élections de France au point de vue ministériel. Il était moins rassuré que ne paraissait l'être Bismarck sur la nouvelle majorité parlementaire; il se demandait si le président Grévy ne serait pas entraîné à choisir ses ministres plus à gauche parmi des hommes moins sages et moins prudents que les gouvernants actuels, question que Saint- Vallier s'était posée maintes fois. Mais c'était son rôle et son devoir de n'en rien laisser paraître et il s'efforça de rassurer l'empereur :

u Sire, la nation française veut la paix, dit-il, et aucun député ne voudrait pousser

la France clans les voies belliqueuses.

Même en supposant un changement de ministère, rien n'indique que le choix du président se porterait sur des hommes dont les tendances pourraient inquiéter.

Les cabinets européens peuvent se tranquilliser ; le président Grévy ne veut qu'une pohtique de paix.

— Je suis heureux de vous entendre, répondit l'empereur, et si vous dites vrai, la paix est assurée ; je n'en doute pas, ayant acquis la certitude àDantzig, parles affirmations d'x\lexandre III, qu'il continuera la politique de son père. »

Il est difficile de croire que ce langage était absolument sincère, lorsqu'on voit, quelques jours plus tard, les journaux de Berlin modifier leur attitude antérieure, laisser entendre que leur confiance dans la sagesse d'un gouvernement gambettiste s'était affaiblie et que le comte de Saint- Valher allait donner sa démission. Il venait

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