PRÉFACE III
une période de défiance et la mission du second une période d'irritabilité de la part de Bismarck.
La mission du comte de Saint-Vallier, que j'ai pu reconstituer à l'aide de documents inédits, celle du baron de Courcel qui fera l'objet d'un prochain volume dont la documentation a été empruntée aux mêmes sources, rappellent au contraire une période de détente ; elles symbolisent en quelque sorte le calme après la tempête. Elles présentent en outre un autre intérêt : elles précisent le moment où le gouvernement d'Allemagne a cru à la possibilité d'éteindre dans l'âme française toute pensée de revanche et où le prince de Bismarck " délivré de Gontaut » a poursuivi ce but avec opiniâtreté en comblant la France, dans la personne de Waddington,
ministre des Affaires étrangères, dans celle de l'ambassadeur Saint-Vallier, et plus tard dans celle de Courcel sous les ministres Freycinet et Jules Ferry, d'attentions, de prévenances et d'offres de concours qui, maintes fois, furent acceptées.
On ne s'étonnera pas que j'aie passé rapidement sur les difficultés entre lesquelles eurent à se débattre Gabriac et Gontaut, puisqu'ils les ont eux-mêmes racontées . Je ne peux que renvoyer le lecteur à leurs récits. En revanche, il m'a paru utile de tirer de l'oubli les souvenirs évoqués dans ce volume et dans celui qui suivra. Outre qu'ils font honneur à la diplomatie française et qu'encore aujourd'hui, elle y puisse trouver des enseignements, ils nous révèlent les projets et les calculs du prince de Bismarck. Ses propos y tien-