CHAPITRE III 4â
tement à l'île de Wight où elle était attendue. Ce changement d'itinéraire était attribué, d'une part, à la crainte qu'avaient conçue les souverains danois de provoquer, en voyageant, en France, les commentaires des journaux sur l'éventualité de ce mariage dont on entendait parler pour la première fois, et, d'autre part, à l'accord intervenu entre la famille royale et le prince impérial, aux termes duquel ils devaient se retrouver à la cour britannique .
Cette nouvelle, arrivée à Berlin au moment où Waddington allait quitter la capitale allemande, ne pouvait le laisser indifférent et ne pas l'émouvoir. Bien qu'il n'en eût pas la confirmation officielle, elle lui venait d'une source qu'il devait considérer comme sûre, et c'eût été de sa part un témoignage d'imprévoyance de ne pasmesurer dans toute son étendue le prestige dont se parerait aux yeux des Français
le fils de l'Empereur déchu, en épousant la princesse Thyra de Danemark.
Il convient de rappeler quelle situation privilégiée et respectée avaient créée au roi Christian IX, dans l'aréopage des empereurs et des rois, bien qu'il n'y figurât que comme souverain d'un petit Etat, la dignité de sa vie, la pureté de ses mœurs, la sûreté de son commerce, les agréments de sa cour, dont on disait que c'était une cour patriarcale, et surtout les alliances qu'à la faveur de la grâce captivante de ses filles ainées, Alexandra et Dagmar, il leur avait fait contracter. En 1863, neuf mois avant qu'il montât sur le trône comme successeur de Frédéric Vif, et alors qu'il n'était encore que le prince de Gluksbourg, la première épousait le prince de Galles, le futur Edouard VII. C'était sa mère, la princesse Louise, qui avait préparé ce mariage, en intéressant à son projet la princesse impériale d'Aile-