‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 23 sur 161 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

bres du Congrès et plus particulièrement le gouvernement français. C'était au mois de juillet. Le Congrès venait de finir. Les plénipotentiaires allaient se séparer, après avoir siégé durant plusieurs semaines et, en dépit de leurs efforts et de leurs prétentions, fondé le repos de l'Europe sur des bases dont la fragilité devait bientôt apparaître. Le ministre des Affaires étrangères de France, Waddington, qui, avec l'ambassadeur et M. Desprez, directeur de la politique au quai d'Orsay, avait représenté son pays dans cette réunion diplomatique, préparait son départ, lorsqu'une dépécbe de Victor Tiby, ministre de France en Danemark, lui apportait à l'improviste une nouvelle sensationnelle.

Elle portait que le prince impérial, fils de Napoléon III, qui voyageait dans les pays Scandinaves, était attendu à Copenhague au mois d'août et devait être reçu par la famille royale, au château de

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Bensdorff . Le but du jeune prince, en procédant à cette visite, était, racontait-on, de se faire connaître des souverains danois et de leur plus jeune fille, la princesse Thyra, la seule qui ne fût pas mariée; la reine d'Angleterre s'intéressait vivement aux deux jeunes gens et souhaitait leur union. Si, comme tout le laissait supposer, ils se plaisaient, les fiançailles ne se feraient pas attendre et le mariage suivrait promptement. A Copenhague, dans les milieux de la Cour, on gardait le secret sur ce projet; mais, d'après les initiés, les informations auxquelles il donnait lieu étaient l'expression de la vérité.

Une autre circonstance tendait à prouver leur exactitude; la famille royale qui, peu de temps auparavant, se proposait de résider en France durant quelques jours, avant de se rendre en Angleterre à l'invitation de la reine Victoria, venait de renoncer à passer par Paris ; elle irait chrec-

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