CHAPITRE III
11 semble même y avoir eu entre eux plus d'attirance réciproque qu'entre Waddington et l'autre ministre britannique, le marquis de Salisbury. G est donc à lord Beaconsfield «qu'en toute franchise »Waddington exprima le déplaisir que ressentirait le gouvernement de la République, si ces bruits venaient à se confirmer.
« Je les crois sans fondement, déclara lord Beaconsfield. S'il était question d'un tel mariage, je le saurais. »
Waddington n'était pas convaincu; les affirmations reçues de Copenhague autorisaient ses doutes. Il insista " sur les embarras intérieurs et les complications extérieures que l'événement pourrait provoquer. » Son interlocuteur ne semblait pas les craindre au même degré que lui, mais ajouta que le gouvernement français pouvait compter sur ses bons offices personnels, « dans la mesure où son action pourrait se faire sentir en une matière aussi
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délicate. " Waddington rentrait à Paris le lendemain, y voyait le prince de Galles qu'il entretenait de cette affaire et dont le langage l'eût rassuré, si l'ambassadeur britannique, lord Lyons, en affirmant « que le projet paraissait abandonné " , n'etit implicitement avoué qu'il avait existé. Le 9 août, le ministre des Affaires étrangères danois affirmait au ministre de France qne la nouvelle était fausse. Mais celui-ci n'en croyait rien et maintenait ses informations antérieures. Ne sachant plus que penser, Waddington se décidait le 28 à écrire au marquis d'Harcourt, notre ambassadeur à Londres.
« Sans méconnaître l'influence que les liens dynastiques peuvent exercer sur la politique des gouvernements, lui mandaitil, nous considérons cette influence comme un faible appoint des forces qui agissent de notre temps sur le destin des peuples. Nous ne devons pas cependant rester inat-