CHAPITRE PREMIER
AU LEiSDEMAIN DU TRAITÉ DE FRANCFORT
Personne n'ignore qu'au lendemain de la guerre, le président Tiiiers avait eu pour principal souci de donner le plus grand éclat à la représentation de la France à l'étranger; on le voit alors choisir comme ambassadeurs dans les grandes capitales les hommes les plus considérables de notre pays sans se préoccuper de leurs opinions
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politiques. Il voulait montrer au dehors une France toujours unie quand il s'agissait de réparer ses désastres et prou\er partout qu'elle ne songeait à cette heure à aucune revendication susceptible de rallumer la guerre. J'ai entendu le duc de Broglie raconter combien il fut surpris et troublé lorsque au mois de février 1871 , un jour qu'il était venu voir Thiers, celui-ci lui dit brusquement :
« Je vous ai nommé ambassadeur de France à Londres. " Et comme le duc, alléguant trop modestement son insuffisance, déclinait cette offre flatteuse, Thiers ajouta : « Je fais appel à votre patriotisme; vous ne pouvez refuser. »
En même temps, il envoie à Constantinople le marquis de Yogiié, à Saint-Pétersbourg le général Le Flô, à Vienne le marquis de Banne ville et dans les postes secondaires, il maintient comme ministres de France les agents de l'ancien régime