‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 5 sur 161 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

impérial, diplomates de carrière, dont les services n'étaient ni contestables, ni contestés.

Ces nominations faites, restait à pourvoir à l'ambassade de Berlin. Mais d'accord avec l'Allemagne, il décidait qu'il n'y serait pourvu que lorsque auraient été résolues les diverses questions que soulevait le paiement de l'indemnité de guerre; en attendant, la France ne serait représentée en Allemagne et l'Allemagne eu France que par des chargés d'affaires.

Lorsque au début du conflit, il entreprenait à travers l'Europe la tournée patriotique qui lui fait tant d'honneur bien qu'elle n'ait pas donné les résultats qu'il en attendait, il était reçu à Saint-Pétersbourg par le premier secrétaire de l'ambassade de France, à qui sur l'ordre du gouvernement de la Défense nationale, le dernier ambassadeur impérial, le général Fleury, avait délégué ses pouvoirs. C'était le marquis

4 MISSION DU CTK DE S AINT-V ALLIER

de Gabriac. Durant son court séjour en^ Russie, Tliiers avait apprécié les mérites de ce chargé d'affaires et quelques mois plus tard, ayant à envoyer un agent à Berlin « pour essuyer les plâtres » et préparer les voies à un ambassadeur définitif, il s'était souvenu de lui.

Gabriac confesse dans ses Souvenirs qu'il hésita durant quelques heures à se charger d'une mission qu'on ne lui imposait pas, mais qu'on lui demandait d'accepter pour rendre service à son pays. Il' prévoyait d'avance combien nos défaites et l'enthousiasme avec lequel l'Allemagne les célébrait rendraient douloureux le rôle en vue duquel on faisait appel à son patriotisme. Mais ce patriotisme même lui faisait un devoir de ne pas se dérober à la tâche dont on désirait le charger. Quelques jours plus tard, il était à Versailles, recevait ses instructions et se mettait en route pour Berlin .

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