‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 49 sur 161 · CHAPITRE VI 9a · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI 9a

incrédule, notamment celle qu'avait émise Bismarck en faveur de la République.

Lorsqu'il déclarait que ce n'était pas pour affaiblir la France qu'il souhaitait qu'elle conservât cette forme de gouvernement, il ne disait pas la vérité. Ses confidents savaient déjà, et il devait encore le leur répéter, que, selon lui, une France républicaine ne trouverait pas d'alliances en Europe, et que, sans alliances, elle ne pourrait jamais entreprendre une guerre de revanche. Dans presque toutes les paroles prononcées par lui relativement à notre pays, il y a toujours une part de dissimulation et de mensonge. Dans la circonstance que nous rappelons, les propos qu'il a tenus à Moritz Busch démentent en partie ceux qu'il tenait à Saint-Vallier. Celuici les enregistrait comme des symptômes pacifiques, mais il se demandait quelle était la cause de tant d'empressement à nous venir en aide et pourquoi Bismarck

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nous offrait son concours avant de savoir si nous le désirions et si nous le lui demanderions.

Il n'en est pas moins vrai que les démarches officieuses qu'il avait faites dans l'intérêt de notre cause auprès des puissances européennes ne tardaient pas à porter leurs fruits. Peu de jours après l'entretien que nous venons de reproduire, le bey de Tunis accordait à la France les satisfactions qu'elle avait exigées et l'incident était clos. Malheureusement, cette détente devait être de courte durée. On verra bientôt de nouvelles difficultés éclater en Tunisie et se prolonger jusqu'au moment où le gouvernement français se décidera à recourir à des mesures énergiques pour faire respecter ses intérêts et ses droits dans les pays africains. Bismarck, de son côté, restera animé des dispositions dont il a fait part à Saint-Valher, fidèle à ses promesses et encouragé par son empereur

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