‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 48 sur 161 · CHAPITRE \I · texte numérisé non relu

CHAPITRE \I

Saint-Vallier n'était pas surpris de ces propos, car, à plusieurs reprises, il eu avait entendu d'analogues. Il n'en ressentait pas moins une grande satisfaction, car ils lui prouvaient que l'âge d'or annoncé par Biilow ne serait pas un vain mot et qu'il faciliterait la politique de paix, qui s'imposait pour longtemps à la France puisqu'elle n'était pas en état de faire la guerre.

i< On a dit, continuait Bismarck, que j'étais favorable à la République en France, parce que j'y voyais une cause de faiblesse pour votre pays. Le traître Arnim a voulu accréditer cette calomnie; la vérité, c'est que la République sage et modérée comme vous l'avez en ce moment, est à mes yeux une garantie de paix, parce qu'elle n'a pas besoin de redorer dans le creuset de la victoire le prestige indispensable aux dynasties sans racine comme la dernière que vous avez eue. Voilà pourquoi je

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souhaite le mainiien de la République en France; voilà pourquoi je suis prêt à vous seconder dans vos entreprises non contraires à nos intérêts. Je crois qu'il faut au peuple français des satisfactions d'amourpropre, et je désire vivement lui Aoir obtenir celles qu'il peut rechercher dans le bassin de la Méditerranée, sa sphère d'expansion naturelle. Plus il aura du succès de ce côté, moins il sera porté à faire valoir contre nous des griefs et des douleurs dont je ne discute pas la légitimité, mais qu'il n'est pas en notre pouvoir d'apaiser. »

Bismarck terminait en annonçant confidentiellement à son interlocuteur qu'il avait conseillé aux gouvernements amis d'inviter leurs agents à Tunis à la modération.

Saint- Vallier ne pouvait que se réjouir de ce qu'il venait d'entendre. Mais certaines de ces affirmations le laissaient

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