‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 75 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

frères catholiques me tendaient, c'est que cette main était dans un gant de fer. Aujourd'hui ce sont des cœurs catholiques allemands qui viennent à moi et j'accours avec eux me joindre à l'Allemagne sous l'égide de notre sainte Église. "

Il résulte de ce souvenir que lorsque l'ambassadeur s'alarmait de voir le maréchal de Manteuffel nommé statthalter d'Alsace-Lorraine et prévoyait que sa bienveillance naturelle constituait un danger pour l'influence française, il ne se trompait pas ; et des faits ultérieurs devaient démontrer la sagesse de ses prévisions.

Il est cependant remarquable que le gouvernement du maréchal, qui se prolongea jusqu'en 1885, ne donna pas satisfaction en Allemagne aux défenseurs d'un régime rigoureux dans les pays annexés. Ils trouvaient que ce gouvernement avait été trop bienveillant, trop indulgent et que sa

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main ne s'était pas assez appesantie sur les populations.

Le prince de Hohenlohe qui lui succéda reproche à l'administration du maréchal d'avoir trop agi selon son bon plaisir et mécontenté les fonctionnaires allemands ; la sienne devait s'exercer plus rigoureusement, sans parvenir d'ailleurs à germaniser la population indigène; elle restait fidèle à la France.

Les incidents que nous venons de résumer furent pour le comte de Saint- Vallier, au cours de son ambassade, une source de préoccupations et de soucis d'autant plus douloureux que ces incidents, se rattachant à des questions considérées par les Allemands comme d'ordre intérieur, il lui était interdit d'intervenir et même, lorsque quelque mesure lui paraissait trop sévère, de s'en plaindre ou d'essayer de la faire annuler. Tout au plus le voit-on s'entremettre au profit de quelque infortune per-

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