‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 74 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

les haines et assurer une ère de paix et de conciliation! >'

Les populations n'étaient pas moins attristées en constatant que la bienveillance administrative n'avait été qu'un déjeuner de soleil et que le statthalter revenait aux anciens errements sans voir que l'opinion se détachait de lui bien qu'elle demeurât calme et parût se réserver. Elle passait à ce moment par des transes particulièrement visibles parmi le clergé alsacien par suite de la politique anticléricale de la France.

« Que de mal cette politique nous a fait partout, écrivait encore Saint-Vallier ; mais il est fâcheux qu'ici le clergé ne s'aperçoive pas que l'esprit prussien cherchera à luthérianiser le pays. «^

Sous une autre forme, Manteuffel s' abandonnait à des aveux analogues.

" Notre kulturkampf, disait-il, a créé des obstacles à notre œuvre d'assimilation

144 iMISSION DU C^e dE SAINT-VALLIER

en Alsace-Lorraine ; mais aujourd'hui qu'il s'éteint chez nous et qu'il sévit en France, les cartes se retournent et nous deviennent favorables. Le gouvernement français m'a construit le pont qui me manquait pour pénétrer dans le fort du parti catholique alsacien. »

Quelques mois plus tard, la réconciliation de Bismarck avec le Vatican exerçait en Alsace-Lorraine un commencement d'influence et les journaux de Berlin mentionnaient et commentaient le ralliement de l'abbé Guerber, membre éloquent et actif du parti de la protestation alsacienne au Parlement d'empire. Il s'était présenté à l'improviste dans la grande assemblée catholique qui siégeait à Bonn, en disant :

" J'arrive seulement aujourd'hui bien que vous m'ayez convoqué au milieu de vous depuis plusieurs années. Si je n'ai pas saisi plus tôt la main allemande que des

Page 1