II PRÉFACE
quel admirable rouage d'écrasement ! On dil: oui tout haut, non tout bas ; le dkecteur ajourne^ l'auteur attend, et le tour est joué.
Voilà mon bistoire, à l'attente près.
La Moahite, qui est cette pièce qui déplaît, a été terminée au mois de septembre 1879.
Républicain et religieux, j'avais essayé d'y démontrer que la liberté n'a rien de contraire aux croyances et que la morale bumaine est chancelante qui ne s'appuie pas sur la loi divine. Je ne défends pas ici mon idée, je l'explique.
Raconterai-je comme quoi, il y a un an, M. Perrin m'avait fait quitter TOdéon pour la Comédie-Française; par quelles promesses il s'était engagé à ouvrir par ma pièce la campagne de cet biver ? A quoi bon I M. Perrin n'a pas nié ses engagements; il a même été à la veille de les tenir tous. Pourquoi donc n'en a-t-il tenu aucun?
Pourquoi ou pour qui m'a-t-il déclaré tout à coup qu'il ajournait ma pièce à des temps meilleurs, au mois de janvier par exemple ou de février, ou peut-être bien de mars, enfin à Pâques ou au plus tard à la Trinité ? A qui faisait-il un si complet sacrifice de sa parole? On parlait vaguement d'une consultation demandée par lui à