ACTE DEUXIÈME
^ KOZBT.
Et qui donc êtes-vous pour m'oser commander ?
RESPHA.
Ah I qui donc es-tu, toi, qui peux le demander, Et quel douteux amour est-ce donc que le vôtre, Qui vous laisse si bien étrangers l'un à l'autre Qu'à ma seule présence et devant sa rougeur.
Nul instinct de respect ne t'ait jailli du cœur ?
Ahl vous êtes...
HISAEL.
Elle est celle dont la tendresse.
Sans me suivre partout plane sur moi sans cesse.
KOZBT, à part.
Sa mère!...
RESPHA.
Ah I Misaël, est-ce toi que je voi ?
Qu'as-tu fait de mon tils et que fait-on de toi ?
KOZBT, à part.
Elle vient le reprendre.
HISAEL.
Ah ! chère, ah I sainte mère, Quels efforts douloureux et vains vous venez faire.
RESPHA.
Ta terreur me rassure, attestant ton remords
MISAEL.
Ma terreur est d'avoir à t'affliger encor.
Tu ne sais pas jusqu'où cet amour me possède; Gomment rien n'y résiste, à quel point tout y cède! Tu ne sais pas, oh ! non, tu ne peux pas savoir. Sur quels débris d'honneur, de vertu, de devoir, Ce 'monstrueux torrent roule son flot colère : Ma mère, par pitié, n'y risque pas ma mère.
RESPHA.
Laisse passer le flot qui doit tout emporter ? Tout autre qu'une mère en pourrait hésiter.
Mais plus grand est le mal dont tu subis l'empire, Plus je dois résister à l'horreur qu'il m'inspire ; Et là comme partout, ce soir comme jadis, Veiller, mère obstinée, au salut de mon fils.
HISAEL.
Hélas I que tentez-vous ?
RESPHA.
De te rendre à toi-même.
Regarde où te conduit cette femme.
MISAEL.
Je l'aime.