ACTE TROISIÈME
UN SERVITEUR, annonçant.
Maître, voici Phareg.
Qu'il vienne.
PHAREG.
Salut, maître.
Misaël est-il là?
HÉLIAS.
Non, il n'y doit pas être.
Et même — puisqu'ici nous voilà seuls tous deux — Laisse-moi te blâmer de tes choix hasardeux.
Voici déjà longtemps que je voulais te dire Le dégoût et refih)i que votre Enoch m'inspire. Gomment recrutez-vous un pareil vagabond?
Pour attiser le feu tout ce qui brûle est bon.
HÉLIAS.
Et de tels alliés n'ont rien qui t'inquiète?
PHAREG.
Bah 1 On s'en sert d'abord et puis on les rejette. Pour courir vite au but qu'importent les sentiers? La plus juste révolte a besoin d'émeutiers.
HÉLIAS.
Mais rien n'est juste avec les artisans du crime.
Ma tâche est d'afiï>anchir un peuple qu'on opprime ^ Et non de déchaîner les appétits humains:
Pour aller droit au but il faut de droits chemins. LMnfiuence d'Enoch va s'augmentant sans cesse...
PHAREG.
Oh ! le danger n'est pas Enoch.
HÉLIAS.
Qui donc serait-ce?
PHAREG.
Hisaël.
Misaël?
HÉLIAS.
PHAREG.
Oui, depuis quelques jours Notre nouvel ami tient d'étranges discours.
Hier même, au milieu de la foule assemblée Que sa parole ardente avait toute troublée, Misaël, qu'enivrait sans doute son succàs, Blâmait les longs retards que tu nous imposais ; Et, raillant tes calculs qu'il nommait tes alarmes, Disait qu'il était temps d'avoir recours aux armes.
HÉLIAS.
C'est lui.