‹ La Moabite: drameChapitre 45 sur 97 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, MISAEL.

HÉLIAS.

Ce que Phareg me dit est-Il certain ^

MISAEL, entrant.

SMl dit que je suis las du joug qui nous étreint, Que je pousse quiconque a du cœur à la guerre; Et que, pour décider s'il faut ou non la faire, J'ai convoqué ce soir les hôtres hors des murs, Phareg n'affirme rien que des faits vrais et sûrs.

PHAREG.

ES'tu fou, Misaël, et sais-tu qui tu braves?

MISAEL.

Je sais qu'il est des cœurs saignants sous leurs entraves. Et que je n'ai rien dit que nous ne pensions tous.

HÉLIAS, àHisaei.

Tes projets sont aussi coupables qu'ils sont fous. L'émeute dans l'émeute est un péril suprême.

Je devrais te punir en te chassant toi-même ;

Mais tu pouvais ne pas savoir pour cette fois Que la révolte même avait aussi ses lois.

(À Phareg.)

Rends-toi chez tous nos chefs, dis-leur que dans une heure

Je les attends tous dix ici dans ma demeure.

Quant aux hommes qu'il a convoqués pour ce soir,

J'irai les rappeler moi-même à leur devoir.

Va, Phareg. — Je saurai dompter ces folles têtes.

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