‹ La Moabite: drameChapitre 55 sur 97 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, RESPHA.

MISAEL.

Ma mère chez Hélias!

RESPHA.

Oui, chez Hélias, ta mère.

Il m'en coûte d'entrer dans cet affreux repaire, Où la honte et le mal couvent quelque forfait. Mais ce dernier effort je voulais Tavoir fait.

ZABULON, en aparté Â Hisaël.

Soyez ferme, Seigneur, et tenez bon, de grâce.

MISAEL, À Zabulon, à Enoch et aux coigurés.

Allez m'attendre là dans cette salle basse, Je vous rejoins bientôt.

(Sortent Enoch, Zabulon et les d..ux conjurés.) RESPHA.

Bientôt ! et c'est mon fili, Mon enfant d'autrefois, mon ami de jadis, Qui lorsque j'accours, moi, dans de telles alarmes. Ose m'enjoindre, lui, de mesurer mes larmes!

MISAEL.

Parlez, je vous écoute.

RESPHA.

Et tu ne m'entends pas ; Mais peut-être que, Dieu m'aidant, tu m'entendras.

MISAEL.

Vous tentez là, ma mère, une vaine entreprise; Rien ne changera rien à la volonté prise, Et c'est vous épuiser en efforts superflus Que de combattre encor...

RESPHA.

Mais je ne combats plus !

Je ne cherche plus même à dissiper ces fièvres; Je viens, la mort dans l'âme et la prière aux lèvrei, Te supplier, voyant, hélas ! ce que je voi.

D'aller la rejoindre, elle, et d'être heureux sans moi.

Il est trop tard.

RESPHA.

Il est trop tard? Que signifie?

MISAEL.

Votre imprudente épreuve a décidé ma vie.

Ma volonté n'est plus et mon destin n'est pas D'aller la rejoindre, elle, et d'être heureux là-bas.

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