ACTE TROISIÈME
PHAREG.
Hélias est notre chef.
MISAEL.
Il est le nôtre aussi . Mais si mon zèle hier était une imprudence, L'imprudence aujourd'hui serait ta résistance; Un fait nouveau surgit qui doit tous nous unir : Sammgar veut me juger, Sammgar veut me bannir.
Ton père ?
HÉLIAS.
MISAEL.
Demain mâme, avant le sacrifice, Il veut par cette peine attester sa justice.
Ma mère, qui m*en vient d'avertir, espérait Que j'allais par la fuite éviter cet arrêt.
Mais j'ai trop bien compris et tu dois bien comprendre Tout ce qu'un tel éclat nous permet d'entreprendre. . .
ENOCH
Et qu'avec ce levier et des bras résolus Moïse disparaît et Jéhovah n'est plus.
HÉLIAS.
Oui, si c'est un levier. Mais si c'est au contraire Un obstacle, ce fils châtié par ce père.
Un Dieu qu'on sert ainsi reste encor le Dieu fort ; Puis la foule est si prompte à changer de transport.
La foule? elle est à nous.
MISAEL.
Elle est à tous, la foule, Océan qui bruit, flot qui bat, mer qui roule ; Pour la faire bondir on n'a qu*à la toucher.
Sois le vent seulement, je serai le rocher.
HÉLIAS.
Mais après? Vers quel port conduirons-nous Torage ? Quelle œuvre ferons-nous qui survive à Touvrage, Quand, le tumulte éteint et le flot maîtrisé. Il faudra reconstruire après avoir brisé ?
MISAEL.
Après nous assoirons sur le temple en ruine La libre humanité dans ses libres doctrines.
ENOCH
Après ! nous referons l'envers de nos destins.
MISAEL.
Guerre à Dieu, place à l'homme et vivent nos instincts I
HÉLIAS.
C'est Misaël qui dit ce que je viens d'entendre ?