‹ La Moabite: drameChapitre 60 sur 97 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Et qui sait si tous deux nous n'irions pas un jour... Mais non, non, sa pitié n'était pas de l'amour ; Vous vous trompez, mon père, et me trompez moi-même: Non, lui ne m'aime pas, je le sens, moi qui l'aime.

HÉLIAS.

Et moi je suis certain que tu te trompes, toi ; C'est un élan d'amour qui l'a poussé vers moi : Que serait sans complot, que pourrait jamais être, La fille du banni pour le fils du grand prêtre ?

MIRIAM

Ah ! ne me rendez pas, par charitable effort. L'espoir que j'ai perdu, pour le reperdre encor.

HÉLIAS.

Et toi n'étoufi'e pas, par tristesse obstinée, Le premier feu qui vient dorer ta destinée.

Garde-le cet espoir dont ton cœur se défend ; Il sera toujours temps de souffrir, mon enfant.

MIRIAM

L'enivrement plus grand fait plus grand le déboire Mais vous avez raison, j'essaierai de vous croire. Merci pour vos bontés paternelles, merci.

HÉLIAS.

Tu pleures cependant.

MIRIAM

Mais je souris aussi.

Il faat laisser au cœur le temps de se remettre.

(Entre le servitear d'Hélias.)

LE SERVITEUR, A Hélias.

Voici venir les gens que vous atterfdez, maître.

H Â L I A s I embrassant Hiriam sur le front.

Laisse-moi, Miriam, et ne tremble plus tant.

Je sais bien qu'il se trompe et je le crois pourtant.

(Entrent d'un côté Misaël, Enoch et Joël, de l'autre Phareg et les

conjurés.)

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