‹ La Moabite: drameChapitre 80 sur 97 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

(A Kozby.)

Non, Kozby, ce vieillard qui nous barre la route, Ce sage qui s'érige en juge impérieux, C'est Hélias le tribun, Hélias le factieux.

HÉLIAS.

C'est Hélias le tribun, tu l'as nommé toi-même. Le tribun qui se voue à son peuple qu'il aime, Qui le veut libre et fier, qui le veut noble et bon, Avec un Dieu dans l'âme et la Patrie au front. Et c'est pourquoi ma joie éclate sans contrainte, A sentir que mon peuple échappe à ton étreinte. Et qu'à l'heure où tu mets mon pays en danger. Cette étrangère est là qui te fait étranger.

KOZBT.

Tu le trahiras donc 1

HÉLIAS.

Suis-je donc son complice ?

La trahison c'est lui, moi je suis la justice.

Il faudrait pour cela n'avoir rien à venger, Un juge qui se venge est sans droit pour juger.

HÉLTAS.

Oui, tu dois, en effet, me soupçonner de haine. ' Car tout ce que pouvait souffrir une âme humaine,

Ce cœur épouvanté Ta souffert aujourd'hui

Dans cette obéissance où tu m'ayais réduit.

Mais mon robuste honneur n'est pas de ceux qu'on froisse .

Pour ressentir l'affront, je sentais trop l'angoisse,

C'est le danger des miens qui me désespérait,

Comme c'est leur salut qui dicte ton arrêt.

Bref, tu yas me livrer.

HÉLIAS.

Je le devrais peut-être.

Car je suis vieux, je puis mourir et disparaître, Et moi mort tu pourrais, reprenant ton destin. Rallumer tout à coup le danger mal éteint.

Mais ce devoir est trop entaché de bassesse, Ton absence suffît pour que tout péril cesse, Et le seul châtiment que j'exige de toi C'est ton départ furtif avec elle.

KOZBT.

Avec moi !

Tu l'entends, Misaël, l'arrêt de sa clémence. Ah 1 le bonheur renaît, le passé recommence, Nous voilà revenus au bon temps des amours, Je t'aurai tout à fait, je t'aurai pour touiours 1

HISABL.

Moi, déserter la lutte avant l'heure suprême ? Moi, si près du pouvoir m'en arracher moi-même?

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