ACTE QUATRIÈME
J'ia fixé trop longtemps son éclat radieux,
Ses clartés sont trop bien empreintes dans mes yeux,
Tout ce qui n'est pas lui n'a plus rien qui me tente,
C'est la nuit noire après une aurore éclatante,
Et d'aller m'enfouir dans ton obscurité
Je n'ai pas ce courage ou cette lâcheté.
KOZBT, arec fureur.
Ah ! il ne m'aime plus !
Ta résistance est folle Pour te perdre je n'ai qu*à dire une parole.
HISAEL.
Dis-la donc I tu verras comment j'y répondrai.
HÉLIAS, désignant Kozby.
Mais tu la perds, tu sais.
HISAEL.
Eh bien, je la perdrai.
KOZBT, bondissant.
Mais quel homme es-tu donc?
HISAEL.
Ton œuvre, Moabite, Tu l'as creusé l'abîme où je te précipite !
Ne te souvient-il plus du can*efour des Lys ?
De ma mère accourant te disputer son ûls ?
Et dans la lutte ardente où tu semblais te plaire
Souviens-toi de ce cri jeté dans ta colère,
Et dont récho résonne encore au fond de moi :
— a Ce sont les appétits qui sont la seule loi 1 » —
Cri farouche par qui s'est déchaîné mon être,
Cri sublime avec qui la liberté va naître,
En qui tout se confond, par qui tout est permis,
Qui délivre l'esprit des jougs qui l'ont soumis,
Et qui promettant tout aux foules ameutées,
Fera de moi le dieu de ce peuple d'athées !
HéLIAS,se dirigeant yers la porte.
Ah I misérable fou, c'est toi qui l'as voulu ! Pour te sauver de toi j'ai fait ce que j'ai pu. Mais puisque rien ne peut apaiser ta furie, Que tu portes la main au cœur de ta patrie.
C'en est trop.
M I s AE L , se mettant devant la porte.
Où vas-tu?
HÉLIAS.
Faire ce que je doî.
MI s A EL.
Ah ! c'est la guerre al ers?
HÉLIAS.
Moi, la guerre avec toi?
Tu n'as pas bien compris ce dont je te menace.