PRÉFACE XI
Quant a ma pièce^ est-elle vraimeût aussi dangereuse que récrivait M. Perrin ? Je suis trop sincère pour le nier. Je reconnais même que M. Ferry aurait eu toutes les raisons du monde pour l'interdire s'il en avait eu le courage. Oui, ce pauvre ministre a mis le pays français dans un tel état de trouble; grâce à lui les dissentiments y sont si près de devenir des dissensions ; il a si bien eu l'art de rallumer les passions religieuses en plein siècle d'indifférence^ qu'une pièce où il est parlé de Dieu avec respect, de la licence avec dégoût et de la liberté avec amour, oui, une telle pièce ressemble trop à une satire pour n'être pas un danger.
Quant a moi, je reste ce que j'étais en l'écrivant, un républicain chrétien aussi convaincu du besoin de la liberté que de la nécessité d'une religion, et, ces deux convictions de ma viC) ce n'est même pas M. Ferry qui m'en fera changer.
Paul Déroulède.
Aluc jours de Sammgar, fils d'Anath, les sentiers étaient peu sûrs et ceux qui y entraient marchaient en des voies détournées; et les cités étaient troublées et les hommes étaient méchants.
Juges, III, xxxi, v. 6, § 5.