‹ La Moabite: drameChapitre 90 sur 97 · UN HOMME DU PEUPLE · texte numérisé non relu

UN HOMME DU PEUPLE

Moïse outrage l'homme avec sa dureté.

MISAEL.

Sa loi sévère a fait ce peuple révolté.

SAMM6AR.

La loi n'est dure ici qu'à qui veut y forfaire, Et c'est l'homme mauvais qui fait la loi sévère.

MISAEL.

Mais ces lois, de quel droit nous les impose-t-on ?

ENOCH

Sans doute, & quoi bon Dieu? des prêtres à quoi bon?

^ PHA E6, à Misaël.

Fais taire ce bandit si tu veux qu'on te suive.

M ISAEL.

Il a raison. La loi divine est oppressive ;

Tous ont droit au bonheur chacun selon son choix.

SAMHGAR.

Et c'est mon fils, Seigneur, de qui part cette voix !

HISAEL.

Oui, peuple, pour servir la cause populaire, Ce fils n'a plus connu ni son Dieu, ni son père. Et c'est pour le punir de vous avoir servis Que le père voudrait expatrier le fils.

SAMHGAR.

Oui, peuple, pour servir une cause divine.

Pour soustraire Israël à sa propre ruine.

Ce vieillard se frappant soi-même en cet arrêt, Va s'arracher du cœur ce fils qui vous perdrait.

ENOCH

Mais le peuple indigné révoque ta sentence.

8AHM6AR.

Et moi je la maintiens malgré sa résistance.

(Bruit et tamullc).

ENOCH

Prends garde à toi, Sammgar !

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